France-Valls tente d'apaiser les médecins sur la loi santé

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* Valls ne parvient pas à convaincre les contestataires * Le CSMF programme une nouvelle journée "santé morte" (Actualisé avec nouvel appel à la grève) PARIS, 19 mars (Reuters) - Manuel Valls a tenté jeudi d'apaiser médecins et internes, vent debout contre la loi santé de Marisol Touraine, sans toutefois remettre en cause le texte et la généralisation du tiers payant qui cristallise leur opposition. Déçu par la réunion avec le Premier ministre, le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, a appelé à une nouvelle grève le 31 mars, date la présentation du projet de loi de santé en séance publique à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre a reçu les représentants des professions de santé après leur manifestation de dimanche, qui a réuni entre 20.000 et 40.000 personnes à Paris, et quelques heures après le début de l'examen du texte en commission à l'Assemblée. (voir ID:nL6N0WH0QW et ID:nL6N0WL1YC ) S'il n'a pas convaincu les médecins dont les plus virulents, minoritaires, réclament encore le retrait pur et simple du texte, il a semblé avoir trouvé une oreille attentive chez les internes et les étudiants. Devant la dizaine de représentants présents, Manuel Valls a réaffirmé que le texte serait examiné par l'Assemblée à partir du 31 mars et que le tiers payant, qui dispense le patient d'avancer les frais d'une consultation médicale, serait bien généralisé en 2017, disposition adoptée jeudi en commission. Mais il a tâché de donner des gages en se disant ouvert à des aménagements "sur les modalités techniques" du tiers payant, que les médecins décrivent au mieux comme une usine à gaz, et a promis de les revoir après la première lecture du texte. Il entend alors fixer la date de la "grande conférence santé" dont les travaux préparatoires seront confiés à Lionel Collet, conseiller d'Etat, et Anne-Marie Brocas, présidente du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie. JOURNÉE "SANTÉ MORTE" A leur sortie, les médecins disaient n'avoir pas avancé d'un pouce, tant sur le tiers payant que sur la stratégie de santé. "On a perdu trois ans, on va encore en perdre deux", a dit Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. Claude Leicher, de MG France, a souligné que malgré l'offre de dialogue bienvenue, les positions restaient très éloignées. "Nous prenons acte du fait que le Premier ministre ne retirera pas ce projet de loi, ne veut même pas le reculer et donc nous allons être dans un dialogue et probablement une confrontation avec le gouvernement", a-t-il dit. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), qui réclamait jusqu'à présent la "réécriture" du texte, réclame désormais son abandon total et appelle à une journée "santé morte" le 31 mars. "Nous devons faire entendre raison au gouvernement: la mobilisation doit se poursuivre", écrit-il dans un communiqué. Les médecins libéraux ont reçu mardi le soutien du Medef et de son président, Pierre Gattaz, qui s'est livré à une attaque en règle du projet de loi Touraine. ID:nL6N0WJ2OE Le ton était plus apaisé chez les internes, signe que le rendez-vous, sans changer complètement la donne, aura peut-être servi les desseins du gouvernement. "Enfin, on se sent écoutés et entendus, nous prenons acte de cette volonté d'ouverture et nous voulons aller de l'avant", a dit Julien Lenglet, président de l'Intersyndicale des chefs de clinique assistants, pour qui le tiers payant "n'est pas un problème en soi". "L'objectif, c'est que les problèmes techniques soient évacués. Ça, c'est en train d'être travaillé, je pense de façon efficace, et on devrait arriver à un accord", a-t-il ajouté. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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