France-Valls se pose en champion de la "gauche de gouvernement"

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* Valls prépare sa déclaration de politique générale * La gauche de gouvernement "met les mains dans le cambouis" * Le Premier ministre rencontrera Merkel le 22 septembre PARIS, 11 septembre (Reuters) - Manuel Valls s'est attelé jeudi à la préparation de son discours de politique générale, dans lequel il entend se faire mardi le champion de la "gauche de gouvernement" avant de demander la confiance d'une Assemblée où sa majorité est fragile. Même si l'issue du vote du 16 septembre ne fait guère de doutes, le Premier ministre risque de voir une partie du PS s'abstenir pour protester contre une politique économique jugée trop libérale, malgré la décision du gouvernement de repousser à fin 2017 des déficits publics sous la barre des 3% du PIB. "Faire 3% en 2015, ce serait entrer dans une politique d'austérité", a déclaré jeudi Manuel Valls à propos de ce qui était jusqu'à mercredi matin l'objectif officiel du gouvernement et son engagement vis-à-vis de ses partenaires européens. Il a néanmoins présenté le programme de 50 milliards d'euros d'économies sur trois ans, de 2015 à 2017, comme "le socle" de la crédibilité du gouvernement et réitéré sa volonté de baisser les charges et les impôts des entreprises. "Ce qui est en jeu, c'est la capacité de la gauche à gouverner, cette gauche de gouvernement qui assume les responsabilités, qui met les mains dans le cambouis, qui se retrousse les manches", a dit le Premier ministre à la presse après une réunion à Matignon de son gouvernement. Il s'agit là d'une réplique à la gauche du Parti socialiste, qui estime que le gouvernement favorise trop les entreprises, au détriment du soutien à la consommation des ménages modestes, et s'inspire de l'orthodoxie économique de la droite allemande. Manuel Valls a annoncé qu'il rencontrerait la chancelière Angela Merkel le 22 septembre à Berlin pour lui exposer les choix économiques de la France et demander l'arrêt des politiques d'austérité dans l'Union européenne qui, selon Paris, risquent de plonger la zone euro dans la stagflation. "Il faut tout faire pour sortir des politiques d'austérité et il faut tout faire pour l'investissement", a-t-il dit, soulignant que la France n'était pas soumise à une telle rigueur mais pratiquait une gestion "sérieuse" des fonds publics. "FRANCE BASHING" Le Premier ministre, qui s'est félicité de la baisse de l'euro, a exhorté les médias à relativiser les difficultés. "Attention au tableau trop noir que les uns et autres sont en train de dépeindre", a-t-il dit en dénonçant le "France bashing" et "le regard cruel" porté par la presse. A l'heure où la décision de Thomas Thévenoud de rester député après son exclusion du gouvernement pour ses démêlés avec le fisc continue de faire des remous, le Premier ministre a reconnu que le climat politique français était troublé. "Je suis marqué et choqué bien sûr par les événements qui tirent le débat public vers le bas", a-t-il dit. Entretenant le climat délétère nourri par Valérie Trierweiler dans son livre à charge contre François Hollande, l'ancien conseiller du président, Aquilino Morelle, a comparé, selon Le Point, son départ de l'Elysée, ainsi que ceux de ministres récalcitrants, à une "épuration éthnique". L'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a dû quitter le gouvernement après avoir exprimé son opposition à la politique économique, entraînant la mise en place d'une nouvelle équipe dirigée qui demandera mardi la confiance du Parlement. L'ampleur de l'abstention au sein du groupe socialiste, qui dispose exactement de la majorité absolue avec 289 députés à l'Assemblée nationale, est difficile à estimer mais le gouvernement peut compter sur ses alliés radicaux de gauche. Onze députés socialistes s'étaient abstenus le 8 avril dernier lors du vote de confiance au gouvernement Valls I. Le 29 avril, 41 députés s'étaient s'abstenus lors du vote du programmes d'économies de 50 milliards d'euros et 33 socialistes s'étaient abstenus le 8 juillet sur le projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale. (Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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