France-Valls relance les perquisitions administratives

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    * Un état d'urgence plus musclé proposé au Parlement 
    * Valls attaque les dirigeants de droite ayant critiqué 
l'exécutif 
 
 (Actualisé avec éléments supplémentaires) 
    PARIS, 18 juillet (Reuters) - Le projet de loi prorogeant 
l'état d'urgence qui sera présenté mardi au conseil des 
ministres prévoit d'autoriser à nouveau les perquisitions 
administratives et de permettre la saisie et l'exploitation de 
données contenues dans des ordinateurs ou des téléphones, a 
annoncé lundi Manuel Valls. 
    Le Premier ministre s'exprimait lors d'un point de situation 
avec plusieurs ministres et responsables parlementaires, après 
l'attaque qui a fait 84 morts à Nice le 14 juillet. 
    Cette quatrième prorogation de l'état d'urgence, pour trois 
mois, sera soumise à l'Assemblée nationale mardi et au Sénat 
mercredi et le gouvernement examinera les propositions des 
parlementaires, a-t-il indiqué. 
    Quelques heures avant l'attaque de Nice, François Hollande 
avait annoncé la levée de l'état d'urgence le 26 juillet. Il a 
finalement décidé de le proroger après ce qu'il a qualifié 
d'"attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié". 
    "Si le président de la République a décidé de proroger 
l'état d'urgence, c'est parce que précisément il pourrait y 
avoir des répliques, il pourrait y avoir un mimétisme qui soit 
utilisé par des individus qui se radicalisent extrêmement vite", 
a déclaré Manuel Valls à la presse à l'issue de la réunion. 
    "Lors de la dernière prorogation, nous avions fait le choix 
de ne pas solliciter le recours aux perquisitions 
administratives", avait-il auparavant souligné devant les 
ministres et parlementaires, dans un discours transmis à des 
journalistes. "Au regard de la tragédie de Nice, le projet de 
loi qui va vous être soumis prévoit de les autoriser de 
nouveau", avait-il ajouté. 
    L'utilité et l'efficacité des perquisitions administratives 
seront accrues, a expliqué Manuel Valls lors de la réunion, 
précisant que le projet de loi prévoyait "la définition d'un 
cadre qui permettra la saisie et l'exploitation de données 
contenues dans des ordinateurs ou des téléphones". 
    Il a souligné que cette disposition avait été censurée par 
le Conseil constitutionnel le 19 février faute de garanties, 
tout en assurant qu'elles seraient cette fois apportées. 
    Le projet de loi prévoit enfin que "si une perquisition 
permet de révéler l'existence d'un autre lieu fréquenté par la 
personne visée, un droit de suite permettra de réaliser 
immédiatement une perquisition, incidente, dans cet autre lieu." 
    Le principal parti d'opposition de droite, LR, a conditionné 
le vote de la reconduction de l'état d'urgence à la prise en 
compte d'une série de propositions, estimant que les 
conséquences des précédents attentats n'avaient "pas été 
tirées".   
    Plusieurs responsables de droite ont critiqué l'action du 
gouvernement en matière antiterroriste ces derniers jours et 
Manuel Valls a été accueilli par des huées lors de sa visite à 
Nice lundi. 
    "Les mises en cause qui sont formulées en ces circonstances 
sont indignes", tout comme "les sifflets, les insultes", a réagi 
le Premier ministre. 
    "Quand on chauffe à blanc des militants, des sympathisants, 
quand on tient des propos comme ceux qui ont été tenus, y 
compris par des responsables politiques considérés comme 
modérés, depuis le 14 juillet, il ne faut s'étonner de 
recueillir de la division et de la haine", a-t-il poursuivi. 
    L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a notamment estimé 
dimanche que "tout ce qui aurait du être fait depuis 18 mois 
(...) ne l'a pas été".   Le bureau politique de LR a 
par ailleurs réclamé lundi la mise en place d'une commission 
d'enquête parlementaire sur l'attaque de Nice. 
 
 (Jean-Baptiste Vey, édité par Chine Labbé) 
 
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