France-Valls rejette l'idée de quotas de migrants

le , mis à jour à 21:36
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* Un millier de clandestins en trois jours, selon Ciotti * Valls ne veut pas de quota de migrants en Europe * Mais il plaide pour un renforcement des contrôles * Pas de contradiction avec Bruxelles, dit-on au gouvernement (Avec précisions du ministère de l'Intérieur et sur les propositions de Bruxelles, déclaration de Christian Estrosi) NICE, Alpes Maritimes, 16 mai (Reuters) - Le Premier ministre français s'est prononcé samedi contre l'instauration de quotas de migrants dans l'Union européenne, lors d'un déplacement surprise à Menton, dans les Alpes Maritimes, près de la frontière franco-italienne. Face à l'afflux croissant d'immigrés clandestins qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie, Manuel Valls, accompagné par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a en revanche prôné la mise en place de garde-frontière européens. "Je suis contre l'instauration de quotas de migrants. Ceci n'a jamais correspondu aux propositions françaises", a-t-il dit. "En revanche, l'Europe doit avoir une politique de l'asile." La Commission européenne a proposé mercredi de relocaliser dans des pays de l'UE les réfugiés jouissant déjà d'une protection internationale dans certains, pour alléger le fardeau d'Etats comme l'Italie ou la Grèce, et d'offrir 20.000 autres places réparties dans l'Union à des personnes identifiées dans les zones de crise comme ayant besoin d'une telle protection. On assure au ministère de l'Intérieur qu'il n'y a pas de contradiction entre les déclarations du Premier ministre et les propositions de Bruxelles mais que la France sera "vigilante" quant aux critères qui seront appliqués pour la répartition. Le député UMP et président du département des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, avait fait état samedi matin dans un communiqué de "près d'un millier de clandestins" interceptés en trois jours à la frontière franco-italienne. "Cette situation (...) impose une réponse européenne et française ferme", a-t-il dit dans un communiqué, invitant Manuel Valls, en déplacement au festival du cinéma de Cannes, à faire un détour pour constater cette situation sur place. Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ont assisté au contrôle de trains à la gare de Menton, rencontré des membres de la police des frontières et visité le péage autoroutier de La Turbie. "Une réponse européenne est indispensable", a déclaré à la presse le Premier ministre, selon qui l'UE doit aller plus loin que les décisions prises au conseil européen du 24 avril. "Il faut (...) créer un système européen de garde-frontières", a-t-il dit. "Il faut ensuite lutter sans relâche contre les filières criminelles de passeurs." "L'ASILE EST UN DROIT" Il a de nouveau plaidé pour une coopération renforcée et "volontariste" entre l'UE et les pays d'immigration. Les Etats européens en première ligne devront pour leur part assumer leur responsabilité et trier les migrants irréguliers à renvoyer dans leurs pays d'origine et les candidats à l'asile, dont les demandes doivent être instruites sur place, a-t-il dit. "L'asile est un droit, attribué selon des critères internationaux (...) C'est aussi pour cette raison que le nombre de ses bénéficiaires ne peut faire l'objet de quotas", a fait valoir Manuel Valls. Cette politique suppose aussi une solidarité au sein de l'UE, avec une répartition équitable de l'accueil des réfugiés, tenant compte des efforts déjà consentis par les Etats membres, a-t-il ajouté. Il a rappelé à ce propos que France, Italie, Allemagne, Royaume Uni et Suède accueillaient 75% des réfugiés et demandeurs d'asile en Europe. "La France a déjà fait beaucoup", a-t-il insisté. "Ainsi, 5.000 réfugiés syriens et 4.500 irakiens ont déjà été accueillis en France depuis 2012. Nous continuerons à le faire avec le souci que les efforts soient équitablement répartis." Pour ce qui concerne le contrôle à la frontière franco-italienne dans les Alpes Maritimes, Manuel Valls a rappelé que deux unités mobiles de CRS et de gendarmerie étaient mobilisées pour prêter main forte aux forces déployées localement. "Depuis le début de l'année, 54 passeurs ont été interpellés et trois filières démantelées", a-t-il ajouté. "Et sur les 6.000 personnes qui ont passé la frontière, près des deux tiers ont été reconduites." Bernard Cazeneuve a pour sa part dit avoir donné instruction à la direction générale de la police nationale d'adapter "en continu" le dispositif de contrôle. Eric Ciotti a estimé sur BFMTV que le gouvernement avait "trop tardé à réagir" et demandé une fermeture de la frontière pour la rendre "étanche". Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, a dit attendre le renfort de 30 agents de la police des frontières dans le département. Selon lui, Manuel Valls s'est par ailleurs engagé à examiner une proposition de loi élargissant à 40 km au lieu de 20 la bande où sont effectués les contrôles frontaliers. (Matthias Galante, avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par Eric Faye)

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