France-Valls recadre Royal dans le dossier des "boues rouges"

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    * La ministre de l'Environnement désapprouve publiquement 
Matignon 
    * Le Premier ministre appelle à la "maîtrise de la 
communication" 
    * Il justifie l'autorisation accordée au groupe Altéo 
 
    PARIS, 5 septembre (Reuters) - Le Premier ministre Manuel 
Valls a appelé lundi à la "maîtrise de la communication" sur le 
dossier des "boues rouges" de Marseille, dans lequel la ministre 
de l'Environnement, Ségolène Royal, a exprimé des divergences 
avec le Premier ministre.  
    La ministre a publiquement désapprouvé la décision du chef 
du gouvernement, prise fin 2015, de prolonger l'activité de 
l'usine d'alumine d'Altéo sur le site de Gardanne 
(Bouches-du-Rhône) et, pour six ans, le rejet dans la mer 
d'effluents aqueux dépassant les seuils réglementaires. 
    Une décision confortée fin février par le tribunal 
administratif de Marseille. 
    "Manuel Valls défend une écologie efficace au service de la 
santé et de l'emploi et il en appelle à la maîtrise de 
l'expression sur ces sujets", peut-on lire dans un communiqué où 
les services de Matignon rappellent la procédure ayant conduit à 
la décision des autorités. 
    Le sujet de la pollution de la Méditerranée par des boues 
rouges toxiques a été relancé par un reportage diffusé vendredi 
soir dans l'émission de France 3 Thalassa, où Ségolène Royal dit 
son désaccord avec le Premier ministre.  
 
    "JE NE LÂCHERAI PAS CE DOSSIER", DIT ROYAL       
    Malgré une première mise au point de Manuel Valls dès 
vendredi dernier, elle enfonce le clou dans un entretien publié 
lundi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.  
    "Cette décision n'est à mes yeux pas acceptable. Il ne 
s'agit pas d'une parole polémique mais d'une parole légitime", 
dit-elle, renvoyant à une réunion d'un "comité de suivi 
indépendant" prévue fin septembre.  
    "Nous verrons bien ce qu'il en ressortira. Je ne lâcherai 
pas ce dossier", insiste Ségolène Royal.  
    Dans son communiqué, Manuel Valls rappelle que 
l'autorisation d'exploitation a été accordée à Altéo "à l'issue 
d'un programme d'investissement engagé par l'entreprise pour un 
montant de 30 millions d'euros qui a permis de diminuer 
massivement la teneur des rejets."  
    "L'usine a désormais six ans, sous un contrôle extrêmement 
vigilant de l'Etat, pour atteindre les standards mondiaux les 
plus exigeants en matière environnementale", ajoute-t-on. 
    "Ainsi, l'ensemble des autorités publiques intervenant en 
matière environnementale et sanitaire seront mobilisées dans 
cette période pour assurer un suivi et intervenir si les 
engagements en termes de préservation de l'environnement 
n'étaient pas respectés."  
    Selon l'industriel, une nouvelle station de traitement des 
eaux a permis depuis novembre de cesser définitivement le rejet 
de boues rouges en mer. 
    L'usine d'alumine, qui représente 440 emplois directs et 300 
indirects, bénéficiait depuis 1966 du droit de rejeter les 
résidus solides du traitement de la bauxite à une profondeur de 
320 mètres dans un canyon marin au coeur du parc national. 
    Le groupe, propriété depuis 2012 du fonds d'investissement 
américain HIG, a déversé 20 millions de tonnes de boues rouges 
sur plus de 2.000 km2 de fonds marins.     
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
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