France-Valls réaffirme son respect et sa loyauté à l'égard de Hollande

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    PARIS, 31 octobre (Reuters) - Manuel Valls a réaffirmé son 
soutien à François Hollande, dans un entretien diffusé dimanche 
soir par France 24 et RFI après quelques jours de tensions 
croissantes au sein du couple exécutif.  
    "Je n'ai pas à démontrer ma loyauté, elle est là, chacun le 
reconnaît, vis-à-vis du président de la République, vis-à-vis 
des institutions", a déclaré le Premier ministre dans cette 
interview enregistrée dimanche soir à Abidjan (Côte d'Ivoire), 
dernière étape d'une tournée de quatre jours en Afrique de 
l'Ouest entamée vendredi. 
    Assurant respecter François Hollande en tant qu'homme - 
"c'est un ami" - Manuel Valls a ajouté avoir "du respect aussi 
par rapport à la fonction" en soulignant que "personne ne doit 
participer d'un jeu qui viserait à affaiblir le président de la 
République." 
    Mais pour Manuel Valls cette loyauté et ce respect 
n'empêchent pas la "franchise" et il est "essentiel" de 
"préserver nos institutions, la fonction présidentielle, la 
force que cela représente dans notre pays". 
    A six mois du premier tour de l'élection présidentielle, le 
Premier ministre, qui s'était jusqu'ici toujours montré loyal à 
l'égard du président de la République, semble commencer à 
prendre ses distances tout en tentant de cultiver une image de 
présidentiable, avec la multiplication des appels à l'unité de 
la gauche. 
    Selon des propos rapportés par Le Monde dans son édition 
datée de samedi, l'ouvrage "Un président ne devrait pas dire 
ça..." a provoqué la "colère" de Manuel Valls et a suscité selon 
lui une forme de "honte" et d'"abattement" chez les militants et 
les élus socialistes.   
    François Hollande, malmené dans les sondages et contesté 
dans les rangs socialistes depuis la parution de cet ouvrage, a 
refusé samedi de polémiquer sur les déclarations prêtées à son 
Premier ministre et appelé à se concentrer sur les "sujets de 
préoccupation des Français".   
    Mais le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, un 
fidèle du chef de l'Etat, a rappelé dimanche lors du Grand 
rendez-vous Europe 1-iTELE-Les Echos que "le patron, jusqu'à 
nouvel ordre, c'est le président de la République".   
    Alors qu'aucun candidat déclaré ou pressenti à gauche ne 
semble pour l'heure en mesure de se qualifier pour le second 
tour de la présidentielle, Manuel Valls a une nouvelle fois 
appelé la gauche au rassemblement pour éviter l'élimination au 
premier tour de la présidentielle du printemps.      
    "Il faut agir en responsabilité, nous ne sommes pas dans une 
cour de récréation ni dans un bac à sable", a dit le Premier 
ministre sur RFI et France 24. "Le destin de chacun d'entre nous 
passe derrière la responsabilité collective", a-t-il ajouté.  
    Pour le Premier ministre, la victoire de la gauche à la 
présidentielle est possible sous réserve qu'elle soit unie.  
    "C'est cette discussion là que nous devons avoir ensemble, 
comment nous pouvons gagner ensemble", a dit Manuel Valls, dont 
les précédents appels à l'unité ont été rejeté par ses anciens 
ministres Benoît Hamon et Arnaud Montebourg - candidats à la 
primaire socialiste - mais aussi Emmanuel Macron, qui entretient 
toujours le suspense sur son éventuelle candidature à la 
présidentielle de 2017. 
    En attendant que François Hollande précise ses intentions en 
vue du scrutin du printemps, début décembre, le Premier ministre 
a laissé ouvert le champ des possibles.  
    "Je veux être à la hauteur de la responsabilité du moment 
c'est-à-dire faire en sorte que (...) la gauche puisse demain 
l'emporter. Et moi, j'y contribuerai, d'une manière ou d'une 
autre." 
 
 (Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame) 
 
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  • M140210 il y a 4 mois

    A force de réaffirmer, le mensonge devient de plus en plus évident.