France-Valls prône un pacte avec l'islam, thème en cours à droite

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    * Les musulmans français "otages" du salafisme, dit-il dans 
le JDD 
    * Il prône la formation d'imams et d'aumôniers en France 
    * Il souhaite réactiver la Fondation pour l'islam de France 
    * Il veut tarir les financements étrangers 
    * La droite entre "pacte" et "concordat" 
 
    PARIS, 31 juillet (Reuters) - Manuel Valls, pour qui nombre 
de musulmans de France sont "pris en otages" par le salafisme, 
plaide pour un pacte avec l'islam afin de "se débarrasser de 
ceux qui le minent de l'intérieur". 
    Après les récents attentats de Nice et 
Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), le Premier ministre 
déclare dans une tribune au Journal du Dimanche que la France 
"doit faire au monde entier la démonstration éclatante que 
l'islam est compatible avec la démocratie". 
    "Il faut se garder de tout paternalisme mais il faut avoir 
la lucidité de reconnaître qu'il y a urgence à aider l'islam de 
France à se débarrasser de ceux qui le minent de l'intérieur". 
    "Pour cela, il nous appartient de bâtir un véritable Pacte 
avec l'islam de France, donnant à la Fondation une place 
centrale", dit-il. 
    La Fondation des oeuvres de l'islam de France a été créée le 
31 mai 2005 en vue de la construction et de la gestion des lieux 
de culte en accord avec les maires des communes concernées.  
    L'Etat siège à son conseil d'administration qui est composé 
des différentes fédérations musulmanes. Son représentant n'a pas 
de droit de vote et ne peut émettre que des avis juridiques. La 
Fondation fait depuis des années figure de coquille vide, les 
fédérations musulmanes privilégiant d'autres vecteurs d'action 
et de financement. 
    Dans le JDD, Manuel Valls concède que son "échec est total" 
et rappelle sa volonté de "revoir certaines règles pour tarir 
les financements extérieurs", comme dans Le Monde de 
vendredi.  
     
    FORMER LES IMAMS EN FRANCE 
    "Comme les pères de la loi du 9décembre 1905, 
explique-t-il, nous devons inventer un équilibre avec l'islam de 
France aux termes duquel la République lui offre la garantie du 
libre exercice du culte." 
    "Si l'islam n'aide pas la République à combattre ceux qui 
remettent en cause les libertés publiques, il sera de plus en 
plus dur pour la République de garantir ce libre exercice du 
culte", prévient-il. 
    Le Premier ministre juge nécessaire de "repenser la 
formation des imams et des aumôniers" qui "devront être 
désormais uniquement formés en France". 
    "L'Etat peut aider à la création d'institutions de formation 
solides en s'appuyant sur les diplômes universitaires ouverts 
notamment à Paris, Strasbourg ou Aix", précise-t-il. 
    "Tous les salafistes ne sont pas des djihadistes, mais 
presque tous les djihadistes sont des salafistes", souligne le 
chef du gouvernement, affirmant que "les lieux de culte qui 
abritent ces prédicateurs sont et seront systématiquement 
fermés." "Lorsque les prédicateurs sont étrangers, ils sont et 
seront expulsés", ajoute-t-il. 
    "De nombreux musulmans de France sont pris en otages par le 
fondamentalisme, le salafisme, les Frères musulmans, qui font de 
leur culte un étendard, une arme contre les autres", dit-il. 
    La place de l'islam, deuxième religion de France à dominante 
sunnite, est l'un des thèmes de la campagne pour l'investiture 
présidentielle à droite. 
     
    JUPPÉ LUI AUSSI POUR UN PACTE 
    Favori des sondages pour la primaire de novembre, Alain 
Juppé propose lui aussi un "pacte" avec l'islam pour, écrit-il 
dans "Pour un Etat fort", "mieux préciser la place du culte 
musulman dans notre République, définir avec les autorités 
musulmanes françaises les règles relatives au recrutement des 
imams (...) et à la transparence du financement des lieux de 
culte". 
    Le maire (Les Républicains) de Tourcoing, Gérald Darmanin, a 
récemment soumis aux candidats de la primaire, dont Nicolas 
Sarkozy, son "Plaidoyer pour un islam français" dans lequel il 
invite l'Etat français à agir avec l'islam comme avec les 
religions catholique et juive par le passé. 
    Jean-François Copé est le seul candidat à droite à proposer 
explicitement un "concordat" qui "réglerait définitivement la 
question de la légitimité de l'islam de France et fixerait ses 
droits et ses devoirs envers la République". 
    "Toute tentation néoconcordataire serait une insulte à la 
laïcité", juge Manuel Valls dans Le Journal du Dimanche. 
    Hervé Mariton, autre candidat à la primaire, voit dans les 
propositions du Premier ministre "une mise en cause de la loi de 
1905". "Il y a dans la proposition du Premier ministre non pas 
une vision de l'islam de France mais plutôt une vision de 
l'adaptation de la laïcité. Et cette adaptation, je ne la 
souhaite pas", a dit le député LR sur Europe 1 en évoquant 
l'"inacceptable" perspective d'un financement public de l'islam. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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