France-Valls pas au courant d'un financement occulte de Rocard

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 (Avec commentaire sur l'affaire Bygmalion) 
    PARIS, 6 septembre (Reuters) - Manuel Valls, qui fut très 
proche de Michel Rocard, a déclaré mardi à RTL ne rien savoir 
d'un financement occulte des activités politiques de l'ancien 
chef du gouvernement décédé le 2 juillet, évoqué lundi par 
l'ex-ministre socialiste Jérôme Cahuzac à son procès pour fraude 
fiscale.   
    "Je ne suis évidemment au courant de rien", a déclaré le 
Premier ministre, qui s'est dit "triste" et "peut-être dégoûté" 
par les déclarations de son ancien collègue à l'ouverture de son 
procès devant le tribunal correctionnel de Paris. 
    Jérôme Cahuzac a déclaré que le premier compte ouvert en 
Suisse par ses soins n'avait pas servi à cacher ses avoirs mais 
à financer l'activité politique de Michel Rocard en 1992-1993. 
    Il a également dit que ce financement occulte de celui qui 
est devenu une icone de la gauche provenait de laboratoires 
pharmaceutiques. 
    "Je ne le conçois pas un seul instant", a répliqué à ce 
propos Manuel Valls, qui a estimé que "ce type de déclaration 
(était) faite pour instiller le doute, y compris à l'égard d'un 
homme qui vient de disparaître". 
    "Je sais deux choses, c'est que Michel Rocard est le premier 
responsable politique à avoir permis le vote d'une loi 
instaurant, enfin, en 1990 la transparence" des financements 
politiques, a-t-il ajouté. "Et je sais aussi quelle était 
l'éthique de Michel Rocard et de son entourage." 
    Le chef du gouvernement n'a pas voulu commenter plus avant 
les propos de l'ancien ministre du Budget. 
    Au moment où l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy et 
leader de droite est menacé d'un procès pour financement illégal 
de sa campagne électorale de 2012 ( ), il a en 
revanche estimé que celui du socialiste Jérôme Cahuzac était 
"bien la démonstration qu'il n'y a pas deux poids deux mesures". 
    Manuel Valls à répondu à ce propos aux accusations de 
"manoeuvre politique" proférées par des proches de 
l'ex-président du parti Les Républicains (LR), candidat à la 
primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017. 
    Ceux "qui parlent d'une autorité de l'Etat qui serait en 
cause (...) sont les mêmes qui, par ces commentaires dégradants 
(...) à l'égard de la justice, mettent en cause l'autorité de 
l'Etat", a dit le Premier ministre. 
    "Quand on a été président de la République, quand on aspire 
à le devenir (...), il faut respecter les règles de la 
Constitution, dont l'indépendance de la justice", a-t-il ajouté. 
"Les responsables publics n'ont pas à la mettre en cause et à 
insinuer à chaque fois que la justice agit en toute indépendance 
que ça serait (...) je ne sais quelle manoeuvre politique. C'est 
insupportable." 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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