France-Valls ira "jusqu'au bout" de la réforme du droit du travail

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    PARIS, 23 février (Reuters) - Manuel Valls a affirmé mardi 
qu'il irait "jusqu'au bout" de la réforme du droit du travail 
pour laquelle il espère emporter le vote d'"une majorité de 
députés, de députés de gauche d'abord". 
    Le projet, qui doit être présenté le 9 mars en conseil des 
ministres, est contesté par les syndicats et une bonne partie de 
la majorité.   
    "J'irai jusqu'au bout", a assuré sur RTL le Premier ministre 
à un chef d'entreprise qui s'inquiétait de sa détermination. 
    Manuel Valls a appelé de ses voeux un débat "serein", 
"intelligent" et éludé la question d'un éventuel recours à 
l'article 49.3 de la Constitution qui permet l'adoption d'un 
projet de loi sans vote, au risque d'une motion de défiance. "Je 
ne suis pas sûr que ce soit aujourd'hui la question essentielle 
pour les Français", a-t-il dit. 
    "Je veux convaincre les Français et je veux convaincre bien 
sûr, avec (la ministre du Travail) Myriam El Khomri, une 
majorité de députés, de députés de gauche d'abord, pour adopter 
cette loi", a-t-il dit, précisant par la suite qu'il y aurait 
"des amendements", "des modifications". "Je ne suis pas troublé 
par le débat, la discussion." 
    "Moi je veux convaincre nos compatriotes qu'il faut sortir 
d'une certain nombre de blocages, qu'il faut réformer ce pays", 
a-t-il déclaré, répétant que le texte n'enlève "aucun droit aux 
salariés et donne plus de possibilités aux entreprises".  
    "Sur ce texte, un texte républicain qui ne renie en rien nos 
valeurs, j'en appelle à un débat serein, intelligent, qui 
permette de dépasser les clivages entre les partenaires sociaux 
mais aussi entre les formations politiques de ce pays", a-t-il 
poursuivi.  
    Aux yeux de Manuel Valls, qui a cité en exemples les modèles 
danois et suédois de "flexisécurité", l'enjeu reste la lutte 
contre le chômage dans un pays où "il y a trop de rigidités."  
    "Si nous considérons que ce texte est utile pour lutter 
contre le chômage, pour l'emploi, pour donner davantage de 
souplesse aux entreprises, pour donner aussi des droits aux 
salariés, c'est parce que nous souhaitons garder cette ossature 
au moment du débat parlementaire", a-t-il expliqué.  
    "Je veux sortir et ça, je l'assume, d'une confrontation 
stérile entre les entrepreneurs et les salariés", a-t-il 
insisté, estimant que la CFDT, qui est aussi hostile au projet 
de loi, ne serait "jamais dans un débat caricatural". 
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet) 
 
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