France-Valls ira "jusqu'au bout" de la réforme du droit du travail

le , mis à jour à 11:57
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    * Le Premier ministre "veut convaincre" pour obtenir une 
majorité 
    * Il élude la question d'un recours à l'article 49.3 
    * Cambadélis demande au gouvernement de négocier 
 
 (Actualisé avec El Khomri §§ 7-8) 
    PARIS, 23 février (Reuters) - Manuel Valls a affirmé mardi 
qu'il irait "jusqu'au bout" de la réforme du droit du travail 
pour laquelle il espère emporter le vote d'"une majorité de 
députés, de députés de gauche d'abord", malgré la contestation 
politique et syndicale. 
    "J'irai jusqu'au bout", a assuré sur RTL le Premier ministre 
à un chef d'entreprise qui s'inquiétait de sa détermination à 
faire adopter le projet de loi, qui doit être présenté le 9 mars 
en conseil des ministres.      
    Manuel Valls a appelé de ses voeux un débat "serein", 
"intelligent" et éludé, sans toutefois l'exclure explicitement, 
la question d'un éventuel recours à l'article 49.3 de la 
Constitution qui permet l'adoption d'un projet de loi sans vote, 
au risque d'une motion de défiance.  
    "Je ne suis pas sûr que ce soit aujourd'hui la question 
essentielle pour les Français", a-t-il dit. 
    Pour l'entourage du Premier ministre "il n'y a aucun flou" 
entretenu sur cette question. "On discute, on réforme, et après 
on verra", dit un conseiller.   
    Selon des médias qui l'accompagnaient dans l'avion qui 
l'emmenait en Polynésie, François Hollande s'est montré réservé 
sur le recours à l'article 49.3, préférant la recherche d'une 
majorité à l'Assemblée nationale. 
    La ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui avait dans un 
premier temps laissé entendre qu'un passage en force était 
possible, a elle aussi espéré convaincre la majorité. 
    "Je souhaite qu'il y ait du débat sur cette loi, je souhaite 
que nous puissions convaincre avec cette loi et donc 
l'utilisation du 49.3 ne se pose pas. Ce n'est ni souhaitable, 
ni nécessaire", a-t-elle dit en marge de la signature d'une 
convention sur la lutte contre le travail illégal à Rungis. 
    Lundi matin sur LCI, le Premier secrétaire du Parti 
socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a insisté sur 
l'importance pour le gouvernement "d'être dans la négociation". 
    "Etre de gauche, c'est réformer en tenant compte de la 
sécurité des salariés", a-t-il dit, au moment où une pétition 
contre la loi a recueilli plus de 314.000 signatures. 
     
    "FLEXISÉCURITÉ" 
    Soucieux de faire montre de pédagogie, Manuel Valls s'est 
efforcé de "convaincre" du bien-fondé de mesures. 
    "Je veux convaincre les Français et je veux convaincre bien 
sûr (...) une majorité de députés, de députés de gauche d'abord, 
pour adopter cette loi", a-t-il dit, précisant par la suite 
qu'il y aurait "des amendements", "des modifications".  
    "Sur ce texte, un texte républicain qui ne renie en rien nos 
valeurs, j'en appelle à un débat serein, intelligent, qui 
permette de dépasser les clivages entre les partenaires sociaux 
mais aussi entre les formations politiques de ce pays", a-t-il 
poursuivi, répétant que le texte n'enlève "aucun droit aux 
salariés et donne plus de possibilités aux entreprises".  
    Il a obtenu mardi l'appui du président du Medef, Pierre 
Gattaz, ce qui lui est d'ailleurs reproché par la gauche. 
    "Il y a des choses à clarifier dans cette loi, bien 
évidemment, mais globalement elle va vraiment dans le bon sens", 
a-t-il dit sur Radio Classique et LCI. "Je mets en face de leurs 
responsabilités tous les députés de droite et de gauche pour 
dire 'est-ce que vous voulez sortir la France de l'ornière?'" 
    Le projet de réforme confirme la durée légale de 35 heures 
de travail par semaine. Presque tout le reste est ouvert à la 
négociation collective, y compris la rémunération des heures 
supplémentaires, voire laissé à la discrétion de l'employeur 
dans certains cas, en l'absence d'accord. 
    Il étend également les possibilités de licenciement pour 
motif économique dans les entreprises et plafonne le niveau des 
indemnités qui peuvent être accordés aux salariés licenciés. 
    Aux yeux de Manuel Valls, qui a cité en exemples les modèles 
danois et suédois de "flexisécurité", l'enjeu reste la lutte 
contre le chômage dans un pays où "il y a trop de rigidités."  
    "Je veux sortir et ça, je l'assume, d'une confrontation 
stérile entre les entrepreneurs et les salariés", a-t-il 
insisté, estimant que la CFDT, qui critique aussi le projet de 
loi, mais moins frontalement que la CGT ou FO, ne serait "jamais 
dans un débat caricatural". 
 
 (Elizabeth Pineau, avec Sophie Louet, Emmanuel Jarry à Rungis, 
édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M7163258 le mardi 23 fév 2016 à 11:57

    Emmanuel Valls est courageux! Il a raison d'aller jusqu'au bout, l'histoire lui donnera raison comme pour Gerhard Schröder en Allemagne, n'en déplaise aux réactionnaires de gauche...