France -Valls espère des débats "dignes" sur la fin de vie

le
0

PARIS, 21 janvier (Reuters) - Manuel Valls a appelé mercredi les députés à débattre avec responsabilité sur la fin de vie, délicat sujet de société qui fera l'objet d'un texte examiné en mars par le Parlement. Le Premier ministre a confirmé le souhait de François Hollande de voir adoptée une loi élaborée sur la base d'un rapport proposant une "sédation profonde et continue" pour les patients en phase terminale, sans aller jusqu'à l'euthanasie. Le président avait promis durant la campagne présidentielle de dépasser la loi Leonetti de 2005, qui prévient l'acharnement thérapeutique mais n'autorise pas le suicide assisté. "La loi ne doit pas venir décider à la place des patients", a dit Manuel Valls. "Il ne s'agit pas de s'immiscer dans les consciences de chacun, de dicter une conduite à l'entourage, pas plus que de se substituer à l'éthique des personnels soignants". "La loi, et c'est son rôle, apportera des solutions là où l'incertitude engendre de véritables souffrances", a-t-il dit en rejetant à son tour toute idée de "suicide assisté". "Place donc au débat, au dialogue", a lancé le Premier ministre. "Faisons en sorte qu'ils soient riches, dignes et responsables, qu'ils permettent d'avancer vers un droit nouveau : celui de mourir dans la dignité". Elaboré à partir du rapport présenté par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), le projet de loi est combattu par plusieurs élus de l'opposition mais également par les écologistes qui l'estiment, eux, insuffisant. L'euthanasie et le suicide assisté se distinguent des soins palliatifs en cela qu'il déclenchent directement la mort. Le dossier de l'euthanasie reste brûlant en France, où il a été illustré par plusieurs épisodes judiciaires comme celui du médecin Nicolas Bonnemaison, acquitté après avoir été poursuivi pour avoir donné la mort à sept patients en fin de vie. Le cas de Vincent Lambert, un patient tétraplégique en état végétatif dont l'arrêt des traitements, validé par le Conseil d'Etat, a été suspendu en juin par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), a également défrayé la chronique. Selon un sondage BVA publié en juin dernier, près de neuf Français sur dix (89%) se déclarent favorables à l'adoption d'une loi autorisant l'euthanasie. (Emile Picy et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant