France-Valls entend poursuivre sa mission "jusqu'au bout"

le
0

* Valls dément les propos très pessimistes qui lui sont prêtés * Il entend assumer sa mission "dans la durée" * Les frondeurs pratiquent la politique de la "main tendue" par Emile Picy PARIS, 15 septembre (Reuters) - Manuel Valls a affirmé lundi, à la veille d'un vote de confiance crucial pour son gouvernement, vouloir poursuivre sa mission "jusqu'au bout", un volontarisme conforté par des déclarations modérées d'un des chefs de file des "frondeurs" du PS. Le Premier ministre a démenti au passage les propos très pessimistes qui lui sont prêtés lundi par Le Monde. "Si d'ici trois à six mois, la situation ne s'est pas inversée, ce sera foutu", aurait-il dit selon le quotidien, qui cite également des responsables socialistes affirmant que Manuel Valls "sait qu'il ne va pas rester à Matignon jusqu'en 2017" et qu'il "prépare déjà l'après". "Il faut sortir de cette ambiance délétère entretenue par des rumeurs, des titres de presse qui sont totalement infondés", a répliqué l'intéressé à son arrivée à une réunion du groupe socialiste à l'Assemblée nationale pour un séminaire consacré à la gravité de la situation internationale. "Moi, je tiens parce que j'ai une mission, je ne fonctionne pas avec de petits calculs, je suis là pour tenir la mission que le président de la République et le pays m'ont confiée, préparer le pays à l'avenir, lutter contre le chômage, répondre aux inquiétudes, aux craintes, aux peurs de nos compatriotes." "Ma mission, dans la durée, je l'accomplirai jusqu'au bout, chacun peut être bien certain de ça", a-t-il ajouté. La présence de Manuel Valls au séminaire socialiste sur la situation internationale est destinée à illustrer la gravité des enjeux au moment où l'Irak et la Syrie sont largement sous la coupe de l'Etat islamique et où les armes tonnent en Ukraine. Une seconde réunion à huis clos consacrée à la situation économique et sociale en France aura lieu mardi matin, juste avant le vote de confiance à l'Assemblée nationale. "MAIN TENDUE" DES FRONDEURS L'exécutif se dit confiant quant à sa capacité à obtenir une majorité mardi, les "frondeurs" du PS, qui lui reprochent sa politique de baisse des charges des entreprises, ayant annoncé qu'ils s'abstiendraient et ne voteraient pas contre, malgré les appels à la "cohérence" lancés par le Front de gauche. Selon un haut responsable socialiste et des pointages effectués par Reuters à l'Assemblée, ils devraient être une trentaine à s'abstenir, contre 11 seulement en avril dernier lors du vote de confiance au premier gouvernement Valls. La confiance étant calculée sur la base des suffrages exprimés, ces abstentions ne seraient pas assez nombreuses pour empêcher un vote positif, d'autant plus que le gouvernement peut compter sur les 17 députés radicaux de gauche et sur l'abstention d'au moins un partie des députés écologistes. Un des leaders du mouvement de fronde, le député socialiste Jean-Marc Germain, s'est d'ailleurs montré modéré lundi en marge du séminaire du groupe socialiste. "Je m'abstiendrai, mais je veux que cette abstention soit une main tendue. J'ai deux convictions : la première, c'est qu'il n'est pas trop tard pour réussir et la seconde, c'est que pour réussir il faut qu'on retrouve notre unité, que les forces de gauche se rassemblent pour soutenir le président de la République et le Premier ministre Manuel Valls", a-t-il dit. "Moi, je ne demande pas de changement de Premier ministre, je ne demande pas la préparation de l'après-Manuel Valls, on a un gouvernement, il vient juste d'être nommé, il ne faut surtout pas en changer, en revanche il faut qu'on arrive ensemble à écrire ces pages qui sont assez blanches pour les années à venir", a-t-il ajouté. AYRAULT EXIGE DE LA SOLIDARITÉ L'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault est sorti de son silence pour demander aux socialistes d'être solidaires. "Dans cette période exceptionnellement difficile pour notre pays et notre continent, la majorité doit soutenir le président de la République dans son engagement pour redresser notre pays, réorienter l'Europe et peser sur les conflits internationaux", écrit-il dans une tribune publiée mardi par Le Monde. Il estime toutefois que l'exécutif doit se mettre à l'écoute des différentes sensibilités de sa majorité et que "les principes du social-libéralisme appliquées ailleurs" ne permettront pas de redresser le pays. Les "frondeurs" du PS qualifient la politique menée par Manuel Valls de "sociale-libérale", un qualificatif rejeté par le gouvernement, qui dément par ailleurs toute "austérité". Le droite - UMP et centristes confondus - ne fera de son côté aucun cadeau au gouvernement Valls II mais paraît résignée. "Sans doute le gouvernement obtiendra-t-il la confiance de sa majorité, mais elle sera dérisoire face à la défiance généralisée du pays", écrit l'ancien Premier ministre UMP François Fillon dans une tribune publiée lundi par Le Monde. Il y exhorte François Hollande à "choisir maintenant entre le sursaut et le naufrage" et, puisque la dissolution de l'Assemblée nationale ou la démission du président ne sont "pas à l'ordre du jour", il l'invite à définir un agenda de réformes fondamentales avec "l'opposition républicaine". Cet agenda porterait sur un assouplissement du marché de l'emploi, une baisse immédiate et sans contreparties du coût du travail et une réduction forte des dépenses publiques. François Hollande, affaibli par ses revers économiques et le déballage public sur sa vie privée, lui répondra jeudi lors de sa grande conférence de presse de rentrée. (Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant