France-Valls dénonce les arguments "infondés" sur la déchéance

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    * Le Premier ministre contre "les arguments infondés" 
    * Il publie un long message sur Facebook 
    * La polémique a pris une nouvelle ampleur ce week-end 
 
    PARIS, 28 décembre (Reuters) - Manuel Valls a défendu lundi 
le projet controversé de l'exécutif d'étendre la déchéance de 
nationalité en affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une idée 
d'extrême droite, ni d'une remise en cause du droit du sol, 
autant d'arguments "infondés" selon lui. 
    La volonté de François Hollande d'inscrire dans la 
Constitution la possibilité de retirer leur nationalité à des 
binationaux nés Français est loin de faire l'unanimité dans la 
majorité, où certains dénoncent une mesure contraire aux valeurs 
de gauche. 
    La polémique a pris une nouvelle ampleur ce week-end avec 
les interventions de l'ancien chef du gouvernement Jean-Marc 
Ayrault et de l'ex-ministre Benoît Hamon, tous deux opposés à un 
tel projet.   
    Dans un long message aux allures de mise au point publié sur 
son compte Facebook, l'actuel Premier ministre dit vouloir 
"éviter tout amalgame, (et) écarter les arguments infondés".  
    "Comment peut-on dire que priver de la nationalité française 
des terroristes condamnés serait une idée d'extrême droite ? 
(...) C'est strictement faux", selon Manuel Valls. 
    "Ce principe existe dans de nombreux pays démocratiques 
proches de la France : en Grande-Bretagne, au Canada, en Suisse, 
aux Pays-Bas et d'autres encore, sans doute", poursuit le chef 
du gouvernement. 
    L'ancien ministre de l'Intérieur, qui se fait l'avocat de ce 
projet annoncé par François Hollande trois jours après les 
attentats sanglants du 13 novembre, se défend de vouloir 
rétrécir le champ de la nationalité française. 
     
    "AUCUNEMENT UNE REMISE EN QUESTION DU DROIT DU SOL" 
    "Dès 2012, (...) j'ai rétabli - sous les critiques 
virulentes de l'extrême droite - des conditions normales et 
ouvertes d'accès à la naturalisation, y compris bien sûr sur la 
base du droit du sol", écrit-il. 
    "Ce n'est aucunement une remise en question du droit du sol 
puisque la possibilité de déchéance concernera tous les 
terroristes binationaux condamnés pour crimes, quel que soit le 
mode d'obtention de la nationalité, droit du sol ou filiation", 
ajoute Manuel Valls. 
    D'après lui, l'objectif est avant tout symbolique et cette 
mesure, si elle voit le jour, ne s'appliquera "heureusement" 
qu'à un petit nombre de personnes. 
    A ses détracteurs, il avait déjà répondu dans le Journal du 
Dimanche en déclarant qu'"une partie de la gauche s'égare au nom 
de grandes valeurs en oubliant le contexte, notre état de 
guerre".  
    Cette déclaration n'avait pas fait taire les voix 
dissidente. Dans la journée de dimanche, Jean-Marc Ayrault avait 
jugé sur Twitter qu'il ne fallait pas diviser la France, 
laissant entendre par là son désaccord. 
    De Martine Aubry, la maire de Lille, à Anne Hidalgo, la 
maire de Paris, plusieurs voix socialistes s'étaient déjà 
élevées publiquement, au cour des dernières semaines, contre le 
projet.  
    Pour être validée, la réforme constitutionnelle voulue par 
l'exécutif devra être approuvée par référendum ou par trois 
cinquièmes des parlementaires. 
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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