France-Valls démine sur la GPA avant "La Manif pour tous"

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* Les "mères porteuses" interdites en France * Valls reconnaît avoir changé d'avis sur le sujet * Un geste avant les défilés de dimanche à Paris et Bordeaux (Actualisé avec manifestations, contexte, détails) PARIS, 3 octobre (Reuters) - Manuel Valls a joué l'apaisement vendredi en confirmant l'interdiction de la gestation pour autrui en France, "pratique intolérable", et en donnant "priorité" à la famille à deux jours d'une journée d'action à l'appel de "La Manif pour tous". Au risque de s'aliéner une partie de la gauche, favorable à la légalisation de la GPA, le Premier ministre a affirmé "l'interdiction absolue" de la "marchandisation du corps", de la transcription des actes étrangers sur l'état-civil français et dit sa volonté de "chercher une solution dans l'intérêt des enfants". Un message clairement adressé aux sympathisants de "La Manif pour tous", collectif né du débat sur la légalisation du mariage homosexuel, qui a appelé à défiler "pour la famille" dimanche à Paris et Bordeaux. Opposés à la GPA et à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes, les manifestants, qui récusent également l'union homosexuelle, ont choisi comme slogans : "Tous nés d'un homme et une femme" et "L'humain n'est pas une marchandise". "Il faut affirmer des positions claires: la GPA est et sera interdite en France", déclare Manuel Valls dans le quotidien catholique La Croix. "C'est le choix très ferme du président de la République et de son gouvernement. La France n'a jamais varié sur ce sujet". "ON PEUT CHANGER" Le Premier ministre a toutefois reconnu avoir changé d'avis depuis la campagne pour la primaire socialiste de 2011, durant laquelle il s'était déclaré favorable à la GPA, qu'il considérait alors comme une "évolution incontournable". "Je suis le chef du gouvernement, je m'exprime au nom du gouvernement, de la France", a-t-il expliqué vendredi devant la presse. "Moi-même j'ai réfléchi, on peut évoluer, on peut changer, on peut confronter les idées. Par ailleurs, je pense que dans ce moment de crise, (...) il est essentiel de donner précisément des points de repère à nos compatriotes". Les propos du Premier ministre ont été accueillis avec satisfaction par les organisateurs de "La Manif pour tous". "Manuel Valls revient sur les choses d'une manière plus exacte, avec plus de précision et d'écoute. Il a même complètement modifié sa position sur la GPA, c'est formidable. Mais maintenant, nous voulons des actes", a déclaré sur BFM TV une porte-parole du collectif, Ludovine de la Rochère. A gauche, la secrétaire nationale des Verts, Emmanuelle Cosse, a fait part de sa déception. "Il faut arrêter l'hypocrisie", a-t-elle dit sur BFM TV. "Nous ne sommes pas favorables à la GPA en tant que telle mais nous disons que les enfants nés sous GPA doivent être reconnus". En affirmant que la famille était une "priorité" de son gouvernement, le Premier ministre a voulu aussi répliquer aux critiques contre l'annonce, lundi, de la baisse de certaines prestations familiales. DIVISIONS À DROITE Le gouvernement veut empêcher une résurgence des tensions qui ont accompagné le débat parlementaire sur la légalisation du mariage homosexuel, même s'il reste ferme sur l'application de la loi de mai 2013. "Personne ne reviendra sur ce sujet-là, c'est une avancée dans notre société", a dit Manuel Valls. "Mais sur d'autres sujets, il faut être intraitable, c'est le cas pour la GPA". La campagne naissante à l'UMP pour l'investiture à la présidentielle de 2017 a ravivé aussi les divisions à droite sur le sujet. Des élus du parti d'opposition manifesteront dimanche. Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon restent hostiles à la légalisation de la GPA et de la PMA pour les homosexuels, dont l'ancien président propose d'inscrire l'interdiction dans la Constitution. Mais ils ne souhaitent pas remettre en cause le mariage homosexuel, à la différence d'élus UMP comme Laurent Wauquiez. Sur la question des "mères porteuses", Manuel Valls a dit attendre des propositions du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, quant à une "initiative internationale qui pourrait aboutir, par exemple, à ce que les pays qui autorisent la GPA n'accordent pas le bénéfice de ce mode de procréation aux ressortissants des pays qui l'interdisent". Pour ce qui est de la procréation médicalement assistée, il a indiqué que le gouvernement n'irait "pas plus loin", en attendant l'avis du Comité consultatif national d'éthique, saisi sur la question. La Cour de cassation a récemment estimé que le recours à la PMA à l'étranger par un couple de femmes, une pratique interdite en France, ne faisait pas obstacle à l'adoption de l'enfant par l'épouse de la mère. (Voir ID:nL6N0RO34Y ) (Elizabeth Pineau, avec Marion Douet, édité par Sophie Louet)

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  • M4358281 le vendredi 3 oct 2014 à 17:27

    Attention..pas aller trop loin dans la manip gay