France-Valls défend une gauche "confrontée au réel"

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    * Il se dit plus préoccupé par la France que par la gauche 
    * Le départ de Taubira décidé au nom de la cohérence 
    * La gauche du PS évoque une fracture 
 
 (Actualisé avec citations supplémentaires) 
    PARIS, 28 janvier (Reuters) - Manuel Valls s'est dit jeudi 
préoccupé par l'avenir de la France et non celui de la gauche, 
justifiant par un souci de "cohérence" la démission de 
Christiane Taubira, ministre emblématique de l'aile gauche de la 
majorité. 
    Face à ceux qui perçoivent dans ce départ la preuve d'une 
droitisation de l'exécutif, le Premier ministre a défendu la 
gestion d'une gauche "confrontée au réel" dans des situations 
sécuritaire et économique difficiles.  
    "C'est l'avenir de la France qui me préoccupe, pas l'avenir 
de la gauche", a-t-il dit lors de ses voeux à la presse. 
    "La gauche au pouvoir est confrontée au réel", a-t-il 
insisté. "Et parce qu'elle gouverne dans une période 
particulièrement difficile, elle doit tenir. Il y a toujours la 
tentation de partir. Il y a toujours la tentation de fuir ses 
responsabilités quand c'est difficile. Elle doit résister." 
    Avec le terrorisme et la crise des migrants qui menacent 
l'unité de l'Europe, "heureusement que la gauche gouverne", 
a-t-il fait valoir. 
    Christiane Taubira, "elle va manquer bien sûr au 
gouvernement, mais la cohérence exigeait qu'à partir du moment 
où il y a un désaccord, sur une réforme, sur une révision 
constitutionnelle, chacun en tire les conséquences", a-t-il 
ajouté, après avoir salué "l'opiniâtreté et le parcours" de 
l'ancienne garde des Sceaux, remplacée par Jean-Jacques Urvoas.  
    "La cohérence gouvernementale n'est pas une affaire de 
discipline mais de responsabilité, surtout dans ces moments 
difficiles pour le pays. C'est la condition même de 
l'efficacité", a poursuivi Manuel Valls. 
     
    "NE PAS ÉTOUFFER LES DÉBATS" 
    Christiane Taubira a dit avoir démissionné en raison d'un 
"désaccord politique majeur" sur la politique sécuritaire du 
gouvernement et le projet de François Hollande de permettre la 
déchéance de nationalité des personnes condamnées pour 
terrorisme.   
    "Parfois, résister c'est partir", a-t-elle expliqué 
mercredi. 
    Engageant un dialogue à distance avec son ancienne ministre, 
Manuel Valls a estimé que "résister aujourd'hui, ça n'est pas 
proclamer, ça n'est pas faire des discours, résister, c'est se 
confronter à la réalité du pays".  
    Christiane Taubira a reçu le soutien de personnalités à la 
gauche du PS, à l'instar des anciens ministres "frondeurs" 
Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti.  
    "Il y a une forme de fracture très nette et la démission de 
Christiane Taubira est le symbole de cette crise politique 
majeure qui fracture aujourd'hui la gauche", a dit cette 
dernière sur BFM TV et RMC Info.  
    Ce départ apporte de la "clarté" sur la ligne 
gouvernementale, a considéré pour sa part le président du groupe 
PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux.   
    Alors qu'une partie de la gauche réclame une primaire pour 
désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2017, Manuel 
Valls s'est dit ouvert aux débats. 
    "La cohérence, ce n'est pas étouffer les débats, c'est 
impossible en France et encore davantage à gauche", a-t-il dit. 
    Il s'est réjoui d'avoir au sein même du gouvernement "des 
talents tous complémentaires" et "des personnalités fortes". 
    Une référence à Christiane Taubira mais aussi au ministre de 
l'Economie, Emmanuel Macron, dont les positions font 
régulièrement sursauter une partie du PS qui les juge trop 
libérales.  
    "La gauche ne se résume pas à une personne, pas à une voix", 
a considéré Manuel Valls devant quelques journalistes après son 
discours. Interrogé sur l'éventualité d'un remaniement 
gouvernemental prochain, le Premier ministre s'est gardé de tout 
commentaire.  
 
 (Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet) 
 
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  • rodde12 il y a 11 mois

    Avec le terrorisme et la crise des migrants qui menacent l'unité de l'Europe, "heureusement que la gauche gouverne", a-t-il fait valoir. Il vaut mieux entendre cela qu'être sourd.

  • M8252219 il y a 11 mois

    La politique du gouvernement appuyée par les syndicats défend en priorité ceux qui ont un emploi et qui n'ont aucun risque de chômage: les f/onc/tion/naires, les entreprises monopoles publiques, telles, sncf ,les dockers, syndicat du livre, edf et tous les régimes spéciaux IL N'Y À PLUS DE SOUS POUR FAIRE DU VRAI SOCIAL LES PRIVILÉGIÉS RAMASSENT TOUT.

  • ANOSRA il y a 11 mois

    Valls est un homme de gauche qui finit par appliquer des solutions de droite, mais trop tard ! Le mal est fait et la France souffre !!!