France-Valls condamne l'hommage de Ménard à un putschiste d'Alger

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* Manuel Valls fustige le FN qui "n'aime pas la France" * Marine Le Pen estime qu'il devra "valser" en cas d'échec * L'initiative de Robert Ménard dénoncée par le PS (Actualisé avec Marine Le Pen dans Le Parisien §5-6) PARIS, 14 mars (Reuters) - Le Front national "n'aime pas la France", a déclaré samedi le Premier ministre Manuel Valls, au terme d'une semaine durant laquelle il a multiplié les attaques contre la formation d'extrême droite. Manuel Valls était interrogé sur la décision du maire de Béziers Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, de renommer la "rue du 19 mars 1962", date du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie, en "rue du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc", militaire condamné pour le putsch raté des généraux à Alger, puis réhabilité en 1978. "La nostalgie de l'Algérie française n'apporte rien de bon", a déclaré samedi le Premier ministre en marge d'un déplacement à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). "Le Front national n'aime pas la France, le Front national n'est pas un parti républicain, c'est rance, c'est triste", a-t-il ajouté avant la cérémonie de changement du nom de rue, dans l'après-midi à Béziers. Dans un entretien au Parisien à paraître dimanche, la présidente du Front national Marine Le Pen fustige "Valls la fureur, qui en toute circonstance éructe sa haine contre nous". "C'est lui qui jette les Français les uns contre les autres, alors qu'il est censé être le Premier ministre de tous", dit-elle. "Donc, si le PS prend une déculottée aux élections, il faut que Valls... valse", ajoute-t-elle, à une semaine du premier tour des élections départementales des 22 et 29 mars. Dimanche dernier, le Premier ministre a dit sa "peur que la France se fracasse sur le FN" puis il a revendiqué la "stigmatisation" de la formation d'extrême droite. Selon des analystes, la violence de la charge répond à un objectif de court terme avec des élections départementales délicates pour le PS mais vise aussi à préparer les échéances de 2017, voire au-delà. ID:nL5N0WF2F7 LE 19 MARS 1962 DIVISE Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a aussi dénoncé samedi l'initiative de Robert Ménard et au-delà, les positions du Front national. "Avec Denoix de Saint Marc, (Robert) Ménard et (le) FN montrent leur visage : réécrire l'Histoire, mépriser la mémoire et s'en prendre à la République", a-t-il écrit sur Twitter. "Face à ceux qui cherchent à raviver les plaies du passé pour nous diviser, plus que jamais, le devoir de rassemblement s'impose", a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le Parti socialiste a exprimé "sa vive réaction" et dit "s'associer" aux initiatives locales contre cette mesure qui "porte atteinte" à la République. Le Front national a de son côté défendu le maire de Béziers. "Total soutien à Robert Ménard pour l'hommage qu'il rendra ce jour au commandant Hélie Denoix de Saint-Marc contre la révision de l'histoire", a ainsi écrit sur Twitter Louis Aliot, vice-président du parti. Le maire FN de Fréjus, David Rachline, a salué en Hélie Denoix de Saint-Marc "un résistant, déporté, officier grand-croix de la Légion d'honneur." Ancien déporté et résistant durant la Seconde guerre mondiale, Hélie Denoix de Saint-Marc a été réhabilité en 1978 et fait grand croix de la Légion d'honneur en 2011. La date du 19 mars 1962, devenue en 2013 journée nationale du souvenir en hommage aux victimes de la guerre d'Algérie, continue de diviser les Français. Pour ses contradicteurs, elle marque aussi le début du départ des "pieds-noirs" de leur terre natale et des représailles contre les harkis, supplétifs de l'armée française. Depuis son élection en mars 2014 à Béziers, Robert Ménard a créé de nombreuses polémiques. En février dernier, une campagne annonçant l'armement de la police municipale avait suscité l'indignation d'élus de gauche et du ministre de l'Intérieur qui avait regretté une "tonalité délibérément provocatrice". "Désormais la police municipale a un nouvel ami", disaient les affiches en question. ID:nL5N0VL5KY (Chine Labbé, avec Julien Ponthus, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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  • bordo le dimanche 15 mar 2015 à 09:02

    Helie de St Marc est devenu bien autre chose que le putschiste d'Alger. Du reste il a été réhabilite et fait grand-croix de la LH. En quoi est ce nostalgique ?