France-Valls appelle au rassemblement de toute la gauche

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    * Valls se défend d'avoir contraint Hollande à renoncer 
    * Il fait valoir son expérience et son autorité 
    * La gauche doit se rassembler pour être au second tour 
 
    PARIS, 6 décembre (Reuters) - Manuel Valls s'est défendu 
mardi d'avoir contraint François Hollande à renoncer à briguer 
un second mandat à l'Elysée et appelé à un rassemblement de 
l'ensemble de la gauche, y compris Jean-Luc Mélenchon et 
Emmanuel Macron, pour éviter qu'elle ne soit absente du second 
tour de l'élection présidentielle. 
    L'ex-Premier ministre, qui s'exprimait sur France 2 au 
lendemain de l'annonce de sa candidature à la primaire de la 
gauche, a invité tous ceux qui ne veulent pas de l'extrême 
droite ni du programme "très dur" du vainqueur de la primaire de 
droite François Fillon, à participer à la consultation prévue en 
janvier. 
    Interrogé sur les pressions que certains l'accusent d'avoir 
exercées sur le chef de l'Etat pour l'amener à renoncer, il a 
répondu : "Vous croyez un seul instant que le chef de l'Etat, 
François Hollande, se fait imposer une décision de renoncement à 
une candidature comme ça ?". 
    Il s'agissait, selon lui, d'un "choix mûri de longue durée". 
"Il a pris cette décision en son âme et conscience", a ajouté 
Manuel Valls, en assurant qu'il entendait défendre le bilan de 
l'action engagée ces dernières années. 
    "Il y a eu bien sûr des erreurs, des échecs, nous n'avons 
pas atteint tous nos objectifs mais nous avons contribué à 
redresser le pays, son économie, son industrie, ses comptes 
publics, à protéger notre modèle social", a-t-il dit. 
    "Si je suis candidat, c'est parce que le monde change", 
a-t-il indiqué en citant des événements comme le "Brexit", 
l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, la montée du 
populisme, la guerre en Syrie et en Irak. 
     
    "JE NE VEUX PAS QUE LA GAUCHE SOIT ÉLIMINÉE" 
    "Face à ce monde, face à la Russie de Vladimir Poutine, face 
aux Etats-Unis de Donald Trump, face à la Chine, face à la 
Turquie de Recep Erdogan, dans une Europe par ailleurs elle-même 
en crise, il faut une expérience, il faut une autorité, il faut 
un message aussi de protection", a fait valoir Manuel Valls. 
    Ce sont "les valeurs que je veux porter et incarner", a-t-il 
ajouté. 
    Alors qu'il jugeait l'hiver dernier qu'il y avait des 
positions "irréconciliables" à gauche, l'ancien Premier ministre 
estime que "tous ceux qui ont gouverné avec François Mitterrand, 
avec Lionel Jospin, avec François Hollande, ont vocation à se 
retrouver". 
    Il s'adresse ainsi au candidat de La France insoumise, 
Jean-Luc Mélenchon, et à l'ancien ministre de l'Economie 
Emmanuel Macron, qui ont tous deux choisi de se porter candidats 
à la présidentielle sans passer par la case primaire. 
    "On ne va pas me changer, je ne vais pas renier ce que je 
suis (...), mais aujourd'hui, j'ai une autre responsabilité qui 
est de rassembler, qui est d'unir. 
    "Je ne veux pas que l'extrême droite soit au deuxième tour, 
je ne veux pas que la France accepte le projet de François 
Fillon (...) et pour ça je ne me résous pas; je ne veux pas que 
la gauche soit éliminée. Ma responsabilité est de la faire 
gagner", a-t-il encore déclaré.  
    Interrogé sur Emmanuel Macron, il a estimé que la seule 
question que celui-ci devait se poser, "c'est comment, ensemble, 
nous pouvons gagner ?"  
    "Et le seul moyen qui s'offre à lui comme tous les autres, 
c'est de participer à ce moment majeur (qu'est la primaire). 
Pour faire gagner la gauche, il faut participer à0 ce moment".  
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Danielle Rouquié) 
 
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