France-Une PME en danger après une escroquerie au "faux président"

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BORDEAUX, 9 septembre (Reuters) - Une PME des Deux-Sèvres qui emploie 42 salariés pourrait être placée en redressement judiciaire après avoir été victime d'une escroquerie au faux président par des aigrefins qui ont obtenu des virements par la ruse, a déclaré mercredi son président. Les escrocs ont réussi à convaincre la responsable administrative d'effectuer six virements vers des établissements financiers à Bangkok et Hong-Kong d'un montant total de 1,6 million d'euros entre le 21 juillet et le 14 août en usurpant le compte email de son président puis en se faisant passer pour les représentants d'un cabinet d'expertise comptable et d'un avocat dans le cadre du rachat d'une entreprise. Jean Brossier, le président de BRM Mobilier, société spécialisée dans les aménagements de médiathèques et de bibliothèques, n'a découvert l'escroquerie que le 1er septembre et a déposé plainte auprès du procureur de Niort. Mercredi, lors d'une audience au tribunal de commerce de Niort, le procureur a requis le placement de l'entreprise en redressement judiciaire. Le tribunal doit décider soit d'une mise en redressement judiciaire soit d'une mise en liquidation. La décision sera rendue vendredi. "Si c'est un redressement judiciaire, alors avec un mandataire social et un administrateur judiciaire pourront être recherchés les moyens pour sauver l'entreprise et surtout les emplois", a-t-il ajouté. Jean Brossier a indiqué également que Mecaseat, la holding dont dépend BRM Mobilier et dont il est administrateur délégué, n'était plus en capacité d'injecter des fonds. "Les actionnaires de BRM ont fait d'énormes efforts au cours des dernières années avec plus d'1 million d'euros apporté en cash. Nous avons encore remis plus de 800.000 euros au 1er semestre pour soutenir l'activité et tout est parti en fumée. Nous sommes au bout de nos possibilités", a-t-il précisé. Aujourd'hui l'usine est quasiment à l'arrêt et les 42 salariés attendent la décision du tribunal. "C'est un coup de massue pour nous qui se produit alors que l'entreprise allait mieux", a dit à Reuters Alain Levasseur, délégué syndical CFE-CGC. "Les escrocs étaient bien renseignés car ils ont obtenu le maximum de l'argent possible entre la trésorerie disponible et l'autorisation de découvert à la banque et bien sûr durant l'été évidemment", a-t-il ajouté. Ce type d'escroquerie s'est répandue ces derniers mois. Jean Brossier a dit avoir envoyé au mois de juin une circulaire aux entreprises de la holding Mecaseat pour les mettre en garde. (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

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