France-Une plainte contre Ali Bongo classée sans suite

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    NANTES, 3 mars (Reuters) - La plainte pour "faux" et "usage 
de faux" déposée contre le président gabonais Ali Bongo au sujet 
de son état civil a été classée sans suites, a-t-on appris jeudi 
auprès de la procureure de la République de Nantes, Brigitte 
Lamy. 
    La procédure n'est pas terminée car la demi-soeur d'Ali 
Bongo va déposer une nouvelle plainte, cette fois avec 
constitution de partie civile, a indiqué son avocat, confirmant 
une information de Radio France Internationale (RFI). 
    Onaïda Maisha Bongo Ondimba, l'un des 54 enfants reconnus 
officiellement par Omar Bongo avant son décès en 2009, accuse 
Ali Bongo d'avoir falsifié ses actes d'état civil dans le cadre 
de la succession de leur père.  
    Cette étudiante de 25 ans, née en France, est également par 
sa mère la petite-fille de Zacharie Myboto, un opposant 
politique au chef de l'Etat gabonais. 
    Or, les détracteurs d'Ali Bongo l'accusent d'avoir menti sur 
ses origines, ce qui pourrait l'empêcher de briguer un nouveau 
mandat en 2016. La constitution de ce pays stipule qu'il faut 
être né Gabonais pour briguer la présidence. 
    Onaïda Maisha Bongo Ondimba avait obtenu de la justice 
française de pouvoir consulter l'acte de naissance de son 
demi-frère et en janvier, jugeant que des incohérences 
émaillaient le document, son avocat, Eric Moutet, avait porté 
plainte au pénal. 
    Dans un courrier aux parties, Brigitte Lamy a justifié le 
classement sans suites par le fait que les autorités françaises 
ne sont pas "compétentes pour connaître des délits commis à 
l'étranger, lorsque ni l'auteur ni la victime ne sont français." 
     
    NOUVELLE PLAINTE ? 
    "Les faux, à les supposer établis, ont été rédigés au Gabon 
et utilisés dans ce pays lors de l'ouverture de la succession", 
explique-t-elle. 
    La procureure de la République précise que la copie de 
l'acte de naissance délivré à Onaida Bongo est conforme au 
document conservé depuis 1960 aux archives, précise RFI. Il 
s'agit d'un acte qui correspond à la version officielle selon 
laquelle Omar Bongo est né en 1959 à Brazzaville. 
    "C'est bien ce document qui fait foi et s'il fallait le 
contester, ce sont les juridictions gabonaises qui seraient 
compétentes", a déclaré à la radio Me Claude Dumont-Beghi, 
l'avocate d'Ali Bongo. 
    Me Eric Moutet a cependant annoncé la décision de la fille 
d'Omar Bongo de déposer une nouvelle plainte avec constitution 
de partie civile la semaine prochaine, afin qu'un juge 
d'instruction nantais soit saisi. 
    "Il y a trop d'incohérences entre les différents documents 
qui nous ont été présentés. Il faut qu'il y ait une enquête 
indépendante et approfondie sur le sujet", a-t-il dit à Reuters. 
     Lors de la procédure devant le TGI de Nantes, Ali Bongo 
avait demandé à sa demi-soeur le versement de 50.000 euros pour 
sa fondation "Pour le Peuple Gabonais", en réparation de cette 
"polémique politique, dénuée de sérieux, d'objectivité et de 
prudence". Il dénonçait également "l'instrumentalisation 
malveillante" de la justice dans cette affaire. 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse) 
 
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