France-Une journée anti loi-Travail en forme de dernier baroud

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    * Un nouvelle manifestation sous haute surveillance à Paris 
    * Syndicats et patronat reçus mercredi et jeudi par Valls 
 
    PARIS, 28 juin (Reuters) - Les opposants au projet de loi 
Travail se sont retrouvés mardi dans la rue pour la 11e journée 
d'une mobilisation qui tend à s'essouffler, à l'approche d'un 
nouvel examen de ce texte par l'Assemblée nationale. 
   Après avoir menacé la semaine dernière d'interdire toute 
nouvelle manifestation risquant de dégénérer en affrontements à 
Paris, le gouvernement a autorisé un défilé sur un itinéraire 
court mais proposé par la CGT, Force ouvrière et cinq autres 
organisations syndicales et de jeunesse. 
    Un important dispositif de sécurité, similaire à celui 
déployé pour la manifestation de jeudi dernier, encadrera le 
défilé parisien, avec le déploiement de 2.500 policiers et 
gendarmes pour prévenir l'intrusion de "casseurs".   
    Cette journée de mobilisation intervient le jour du vote 
solennel du Sénat sur un projet de loi réécrit par la majorité 
sénatoriale de droite dans un sens beaucoup plus libéral que 
celui sur lequel le Premier ministre, Manuel Valls, a engagé sa 
responsabilité en première lecture à l'Assemblée nationale. 
    Le gouvernement a annoncé qu'il rétablirait cette version 
lors de son retour en juillet en deuxième lecture devant les 
députés et qu'il n'en modifierait pas la "philosophie". 
    Manuel Valls et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, 
recevront successivement mercredi et jeudi les principales 
organisations syndicales et patronales. 
    Mais les services du Premier ministre ont annoncé qu'il 
s'agissait de faire le point sur le texte sorti du Sénat et la 
suite du processus, pas de rouvrir des négociations.  
     
    LA CFDT EXHORTE VALLS À TENIR BON 
    Si des "évolutions" sont possibles, il ne faut pas attendre 
de changements fondamentaux, notamment concernant l'article 2, 
qui instaure la primauté des accords d'entreprise sur les 
conventions de branches et interprofessionnelles. 
    Cette "inversion de la hiérarchie des normes" est un des 
points les plus contestés, comme l'a rappelé mardi le secrétaire 
général de FO sur Radio Classique.   
    Jean-Claude Mailly a dit espérer encore que Manuel Valls 
annoncerait des modifications au texte, notamment pour garantir 
le rôle des branches professionnelles. 
    Sinon, "je ne vois pas pourquoi le Premier ministre nous 
recevrait", a-t-il déclaré. "Ou il a quelques annonces à faire 
(...) Ou alors c'est de la provocation." 
    Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui 
soutient le projet de loi adopté en première lecture par les 
députés, comme la CFTC et l'Unsa, exhorte au contraire Manuel 
Valls à tenir bon, en particulier sur l'article 2. 
    Il s'oppose notamment à ce qu'un droit de regard soit donné 
aux branches professionnelles sur les accords d'entreprise, que 
ce soit a priori ou a posteriori. 
    "La CFDT, s'il y avait un recul du gouvernement sur 
l'article 2, serait évidemment vent debout et complètement 
opposée", a dit Laurent Berger sur France 2. "Je pense qu'il 
faut aller au bout maintenant et s'il ne le faisait pas, je peux 
vous assurer que la CFDT serait en travers de la route." 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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