France-Une grande réforme du renseignement toujours en débat

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    * La commission d'enquête renoue le dialogue avec Cazeneuve 
    * Elle se battra pour une réforme du renseignement 
    * Le ministre de l'Intérieur campe sur ses positions 
 
    PARIS, 13 juillet (Reuters) - La commission d'enquête 
parlementaire sur les attentats en France a réitéré mercredi sa 
volonté d'obtenir une grande réforme du renseignement sur le 
modèle américain, quitte à devoir attendre le prochain 
quinquennat. 
    Les membres de la mission présidée par le député Les 
Républicains Georges Fenech ont maintenu leur position après 
avoir été reçus dans la matinée par le ministre de l'Intérieur 
Bernard Cazeneuve, qui reste hostile à une telle réforme.    
    "Je considère que le renseignement a véritablement 
dysfonctionné sur tous les attentats du mois de janvier et de 
novembre (2015) et que ça appelle une véritable volonté 
politique d'une réforme d'ampleur", a dit Georges Fenech à des 
journalistes. 
    "Ce n'est peut-être pas maintenant qu'on la fera cette 
réforme, puisque le quinquennat arrive à son terme. Mais il 
faudra bien faire ce qu'ont fait les Américains après le 
11-Septembre", a-t-il ajouté. 
    Le président de la commission s'est néanmoins félicité du 
"commencement d'un vrai dialogue" avec Bernard Cazeneuve après 
une vive polémique la semaine dernière. 
    Georges Fenech, comme des familles de victimes des 
attentats, s'était élevé contre la "suffisance" du ministre qui 
s'était moqué des principales propositions du rapport. 
    Pour Bernard Cazeneuve, il n'y a pas eu de "failles" des 
services de renseignement, seulement "des dysfonctionnements" au 
niveau européen. 
    L'association "13 novembre: fraternité et vérité" avait dit 
attendre "autre chose de l'Etat que l'expression d'une 
autosatisfaction invraisemblable et intenable face au terrible 
bilan du terrorisme". 
     
    "GUERRE DES SERVICES" 
    La pression s'est accentuée sur le gouvernement avec 
l'annonce, mardi, du prochain dépôt de plainte contre l'Etat de 
plusieurs victimes jugeant que sa responsabilité et celle des 
services de renseignement était engagée. 
    La commission d'enquête parlementaire prône notamment la 
création d'une agence nationale de lutte antiterroriste sur le 
modèle américain et la création d'une Direction générale du 
renseignement territorial, deux points rejetés par le ministre. 
    En revanche, Georges Fenech a noté une "ouverture" plus 
grande de Bernard Cazeneuve sur d'autres préconisations de la 
mission. 
    "Il partage un certain nombre de nos analyses. Il faut 
renforcer le rôle du coordonnateur national du renseignement 
auprès du président de la République. Il n'a pas les moyens 
aujourd'hui d'assurer une véritable coordination", a-t-il dit. 
    La commission et le ministre sont également tombés d'accord 
sur la création de colonnes d'extraction avec des médecins dans 
les colonnes d'assaut sur les lieux d'attentats pour venir en 
aide plus rapidement aux victimes. 
    Selon Georges Fenech, Bernard Cazeneuve a également convenu 
qu'il fallait mettre fin à la "guerre des services 
d'intervention" entre la BRI, le Raid et le GIGN. 
    "Nous sommes pour une fusion de ces services et là il y a un 
point de désaccord. Mais l'important est que nous ayons apaisé 
les relations", a-t-il ajouté. 
    Dans une lettre adressée à Georges Fenech et au rapporteur 
socialiste Sébastien Pietrasanta publiée par le ministère, 
Bernard Cazeneuve a confirmé son opposition à la refonte des 
services de renseignement préconisée par le rapport, craignant 
qu'elle n'entraîne leur "déstabilisation". 
    Il écarte également la création d'une Direction générale du 
renseignement territorial dont il redoute qu'elle "ne relance 
une concurrence dommageable" avec la Direction générale de la 
sécurité intérieure (DGSI). 
    Le ministre réaffirme son attachement à "une structure 
fortement charpentée autour de deux services antiterroristes 
puissants": l'un consacré à l'intérieur, la DGSI, l'autre à 
l'extérieur, la DGSE.     
 
 (Gérard Bon, édité par Sophie Louet) 
 
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