France-Une exposition lève le voile sur les "guerres secrètes"

le
0
    * Objets inédits et insolites, extraits de films 
    * Contexte diplomatique aux relents de guerre froide 
    * Le renseignement au coeur de la lutte antiterroriste 
 
    par Marine Pennetier 
    PARIS, 12 octobre (Reuters) - Manuel de sabotage, fausses 
moustaches, chaussures à talons creux ou encore machine de 
cryptage : l'exposition "Guerres secrètes", qui s'ouvre ce 
mercredi à Paris, lève le voile sur la figure souvent fantasmée 
des agents secrets et du monde du renseignement, en première 
ligne face à la menace terroriste.  
    Dans un contexte diplomatique international aux relents de 
Guerre Froide, cette exposition revient sur le recrutement, la 
formation et les moyens mis à disposition des grandes figures de 
l'espionnage qui ont jalonné l'Histoire depuis le Second Empire 
jusqu'à la chute de l'Union soviétique en 1991.  
    "L'exposition présente des modes d'actions qui sont à la 
disposition du politique et du militaire en temps de paix et en 
temps de guerre", souligne Christophe Bertrand, conservateur du 
département contemporain du Musée de l'armée. 
    "En temps de paix pour défendre ses intérêts là où la 
diplomatie est inefficace et où l'intervention militaire armée 
forte est impensable et en temps de guerre avec les guerres qui 
sont menées pour déstabiliser désorganiser l'ennemi avant 
l'engagement majeur des forces", ajoute-t-il. 
    Dans la galerie de portraits des agents les plus célèbres, 
on retrouve Lawrence d'Arabie, le Soviétique Vladimir Vétrov, 
connu sous le nom de code "Farewell". 
    L'exposition mêle documents et objets d'archives souvent 
insolites, à l'image du rouge à lèvres "baiser de la mort" 
dissimulant un pistolet ou le "parapluie bulgare" -dont la 
pointe permet d'injecter du poison- inventé par le KGB et 
utilisé par les services bulgares contre l'écrivain dissident 
Georgi Markov en 1978. 
     
    "PLACE CROISSANTE DU RENSEIGNEMENT" 
    Un modèle réduit de l'Aston Martin de l'agent 007 côtoie une 
machine Enigma, qui permettait le cryptage des messages et était 
utilisée par les Allemands lors de la Seconde Guerre Mondiale, 
et le panneau de "la société cairote d'élevage de poulets" tirée 
du film "OSS 117 Le Caire, nid d'espions".  
    "La place du renseignement est devenu croissante dans les 
sociétés des pays occidentaux, dans notre société notamment, 
dans le débat politique également avec le vote de la loi sur le 
renseignement", souligne David Guillet, directeur adjoint au 
musée de l'armée. 
    Adoptée six mois après les attentats de janvier 2015, cette 
loi renforce les prérogatives et moyens des services de 
renseignement en matière de surveillance. Les détracteurs du 
texte l'accusent de porter atteinte aux libertés individuelles. 
    "Les services de renseignement sont pleinement engagés pour 
prévenir ou entraver des menaces immédiates mais aussi mener des 
travaux d'analyses indispensables à l'anticipation des menaces 
futures ou à la prévention de crises majeures qui se dessinent à 
moyen ou à long terme", a déclaré Jean-Yves Le Drian lors de 
l'inauguration de l'exposition.  
    "Le premier enjeu pour nos services aujourd'hui, c'est la 
lutte contre le terrorisme militarisé d'inspiration djihadiste à 
l'étranger comme sur notre territoire", a ajouté le ministre de 
la Défense.  
 
 (avec Julien Hennequin, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant