France-Une demi-soeur d'Ali Bongo obtient accès à son état civil

le
0

* Bataille juridique pour la succession d'Omar Bongo * L'une de ses filles doute des origines de l'actuel président NANTES, 12 novembre (Reuters) - Le tribunal de grande instance de Nantes a autorisé jeudi la communication de l'intégralité de l'état civil du président gabonais Ali Bongo à l'une de ses demi-soeurs, qui l'accuse d'avoir menti sur ses origines, un enjeu pour son éligibilité à l'élection présidentielle de 2016. Le parquet s'était pour sa part opposé à ce que le Service central d'état civil (SCEC), qui regroupe à Nantes les actes de naissance des ressortissants de l'ex-Afrique équatoriale française (AEF) avant l'indépendance, ne délivre ces informations à Onaïda Maisha Bongo Ondimba. Cette étudiante de 25 ans, née à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), considère que l'acte d'état civil d'Ali Bongo est une pièce centrale dans la succession de leur père Omar Bongo. Elle est l'une des 54 enfants reconnus officiellement par l'ancien chef d'Etat, décédé en 2009 après avoir dirigé le pays pendant 42 ans. Par sa mère, la jeune femme est également la petite-fille de Zacharie Myboto, un opposant politique à l'actuel président gabonais. Ali Bongo demandait pour sa part le versement de 50.000 euros à sa fondation en réparation de cette "polémique politique, dénuée de sérieux, d'objectivité et de prudence". Ali Bongo Ondimba dénonçait également par le biais de son avocate "l'instrumentalisation malveillante" de la justice dans cette affaire. "CONTEXTE PARTICULIER" "Il y a lieu de souligner le contexte particulier de la demande, qui est présentée non pas par un tiers totalement étranger à M. Ali Bongo Ondimba comme pourrait l'être par exemple un concurrent ou un journaliste, mais par une de ses demi-soeurs avec laquelle il partage une partie des secrets de la vie privée", estime le juge des référés du tribunal de Nantes dans son ordonnance, qu'a pu consulter Reuters. "La filiation de M. Ali Bongo Ondimba vis-à-vis de M. Omar Bongo Ondimba ne résulte que de l'attestation de deux témoins", souligne le magistrat. Toutes les tentatives pour obtenir la vérification personnelle de l'acte de naissance de l'intéressé se sont heurtées à un refus de la part des notaires saisis de la succession, ajoute-t-il. Le juge des référés évoque également l'écrivain et journaliste français Pierre Péan, qui affirme qu'Ali Bongo serait en réalité né au Nigéria, ce qui le rendrait inéligible à l'élection présidentielle prévue en juillet 2016. Pierre Péan a été depuis mis en examen par la justice française pour "diffamation" à la suite à la plainte déposée par les autorités gabonaises. Le magistrat nantais reconnaît le "droit à l'information" de Onaïda Maisha Bongo Ondimba, mais souligne que toute utilisation de l'acte de naissance d'Ali Bongo à d'autres fins que la répartition de l'héritage d'Omar Bongo constituerait "une faute", susceptible "d'engager sa responsabilité". "Nous, on le suspecte d'être peut-être né à Brazzaville à la date qu'il indique, mais de ne pas être le fils d'Omar Bongo, comme il le prétend", a déclaré Me Eric Moutet, l'avocat d'Onaida Maisha Bongo Ondimba. (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant