France-Une demande de suspension d'un arrêt anti-burkini rejetée

le
0
    NICE, 13 août (Reuters) - Le tribunal administratif de Nice 
(Alpes-Maritimes) a rejeté samedi une demande de suspension, 
déposée en référé, de l'arrêté pris par la mairie de Cannes 
interdisant le port du burkini sur les plages jusqu'à la fin 
août. 
    Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et les 
trois particuliers à l'origine de cette procédure jugeaient la 
décision du maire de Cannes liberticide et discriminatoire à 
l'encontre des baigneuses de confession musulmane.   
    Dans son ordonnance, que Reuters a pu consulter, le juge des 
référés estime qu'il n'y a pas d'urgence à statuer, dans la 
mesure où la justice n'a été saisie que vendredi pour contester 
un arrêté signé le 28 juillet. 
    "Dans le contexte de l'état d'urgence et des récents 
attentats islamistes survenus notamment à Nice (...) le port 
d'une tenue vestimentaire distinctive (...) peut en effet être 
interprétée comme n'étant pas (...) qu'un simple signe de 
religiosité", relève par ailleurs le juge. 
    "La mesure de police limitée au mois d'août ainsi prise par 
le maire de Cannes, qui s'emploie à concilier le respect des 
libertés et la sauvegarde de l'ordre, de la santé et sécurité 
publics, n'est pas disproportionnée par rapport au but 
poursuivi", ajoute-t-il. 
    La Ligue des droits de l'homme (LDH) a également annoncé, 
vendredi, son intention d'engager une action en justice contre 
l'arrêté municipal, mais aussi de déposer une plainte contre le 
maire auprès du procureur de la République. 
    "Détournant la laïcité de sa vocation, le maire de Cannes 
organise la discrimination contre des femmes qui ne commettent 
aucun délit, si ce n'est aux yeux du maire, d'avoir une certaine 
pratique de leur religion", peut-on lire dans un communiqué de 
l'association. 
    Pour justifier son interdiction du burkini, qui recouvre une 
grande partie du corps, le maire Les Républicains de Cannes, 
David Lisnard, a invoqué le risque de "troubles à l'ordre 
public", la laïcité et des questions d'"hygiène". 
    Le maire Les Républicains de Villeneuve-Loubet 
(Alpes-Maritimes), Lionnel Luca, a pris un arrêté similaire. 
 
 (Matthias Galante et Simon Carraud, édité par Tangi Salaün) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant