France-Un sondage BVA confirme l'effacement de Jean-Marie Le Pen

le , mis à jour à 20:05
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PARIS, 2 mai (Reuters) - Plus d'un Français sur quatre serait prêt à voter pour la présidente du Front national lors de l'élection présidentielle de 2017, selon un sondage BVA pour Orange et iTELE confirmant l'effacement de son père, le fondateur du parti, mais effectué avant le 1er mai perturbé de Marine Le Pen. Sur 1.028 personnes interrogées les 29 et 30 avril, 26% se disent prêtes à lui donner leur voix, une progression de deux points depuis la précédente enquête réalisée les 2 et 3 avril et de huit points par rapport à son score au premier tour de 2012. Les sympathisants de l'UMP sont 27% à dire qu'ils pourraient se laisser tenter, comme 37% des ouvriers, des inactifs et des titulaires de faibles revenus ou 44% des personnes ayant un niveau d'étude inférieur au baccalauréat. Sa rupture avec Jean-Marie Le Pen, encore président d'honneur du parti d'extrême droite, semble profiter à la présidente du FN, sous réserve de l'impact des incidents qui ont troublé vendredi à Paris la traditionnelle manifestation de ses militants en hommage à Jeanne d'Arc. Seulement 2% des sondés souhaitent que Jean-Marie Le Pen ait davantage d'influence dans la vie politique française, le plus mauvais score jamais enregistré par l'ex-leader frontiste. Chez les sympathisants du FN, la chute est spectaculaire : 29 points de moins depuis le début de l'année, à 7%. Jean-Marie Le Pen est menacé de sanctions par le bureau exécutif du FN, qui se réunit lundi pour statuer sur son sort, à la suite de nouvelles déclarations réduisant les chambres à gaz nazies à un "détail" de l'histoire ou défendant le maréchal Pétain et son rôle pendant la seconde guerre mondiale. Il est en outre accusé par le site d'information en ligne Médiapart d'avoir caché en Suisse 2,2 millions d'euros. "Si les révélations de Médiapart (...) sont avérées (il) pourrait définitivement rester au plus bas dans l'opinion", estime Adélaïde Zulfikarpasic, directrice de BVA Opinion. Le FN a pour sa part regagné les deux points qu'il avait perdus après des élections départementales moins bonnes que prévues, en mars : 26% des Français interrogés disent avoir une bonne opinion du parti d'extrême droite, ce qui reste toutefois en dessous de son meilleur score (30% en début d'année). Si Marine Le Pen "a su utiliser cette séquence pour poursuivre son entreprise de dédiabolisation du FN (...) il ne faudrait toutefois pas que les bisbilles internes durent trop longtemps", souligne Adélaïde Zulfikarpasic. Si les tensions internes autour de la personnalité de Jean-Marie Le Pen duraient, cela pourrait, selon cette analyste, nuire à la campagne du parti pour les régionales de décembre. (Emmanuel Jarry)

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