France-Un professeur suspendu pour mauvais usage des caricatures

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STRASBOURG, 15 janvier (Reuters) - Un professeur d'arts plastiques d'un collège de Mulhouse (Haut-Rhin) a été suspendu pendant quatre mois à titre conservatoire pour avoir choqué ses élèves lors d'une présentation jugée "inappropriée" de caricatures de Mahomet, a-t-on jeudi appris auprès du rectorat. Selon le recteur, cet enseignant, qui exerce depuis dix ans au collège François Villon, classé en Zep +, se serait présenté à ses élèves de 4ème, au lendemain de l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, le 8 janvier, en lançant : "Je ne vous souhaite pas la bonne année parce que ça commence très mal". Il aurait jeté son sac à terre, en aurait sorti des caricatures de Mahomet, dont l'une représentant le prophète nu, et aurait lancé : "Je vous demande de regarder ça". A un élève lui avouant sa gêne, il aurait répliqué : "Dans mon cours, c'est moi le boss. Tu regardes et après, si tu veux m'assassiner avec ta kalachnikov, tu pourras le faire". Dans ce collège où 70% des élèves sont d'origine immigrée, selon la Fédération des conseils de parents d'élèves, l'incident a suscité une vingtaine de lettres d'élèves adressées à la principale et une manifestation des parents. Le recteur d'académie, Jacques-Pierre Gougeon, insiste sur le caractère "conservatoire" de la mesure, qui ne prive pas l'enseignant de son salaire, et sur le fait qu'une éventuelle sanction ne sera prise qu'après un examen complet des événements. "J'ai pris cette mesure pour le protéger, pour protéger le site et pour protéger la communauté éducative. Il faut extraire la violence de l'école", a-t-il dit à Reuters. L'enseignant, dont les qualités pédagogiques ne sont pas mises en cause, aurait reconnu avoir "dérapé" sous le coup d'un excès d'émotion. Jean-Marie K½lblen, secrétaire départemental de la FSU du Haut-Rhin, juge pour sa part "la réaction de l'institution totalement disproportionnée". "Que les élèves soient choqués par les caricatures, on peut l'entendre, mais il faut rappeler qu'on est dans la République et que la République est laïque", a-t-il dit à Reuters. Le syndicaliste rappelle que la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a elle-même demandé aux enseignants de parler avec leurs élèves des attentats de la semaine passée et des valeurs de la République. "J'ai des tas d'exemple dans toute l'académie où des enseignants utilisent les caricatures dans leur cours en présentant les choses avec discernement et en gardant la distance nécessaire", souligne pour sa part Jacques-Pierre Gougeon. (Gilbert Reilhac, avec Patrick Genthon à Mulhouse, édité par Marine Pennetier)

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  • nayara10 le jeudi 15 jan 2015 à 21:34

    Celà se passe très mal dans les lycées entre élèves de France et d'ailleurs....