France-Un proche de l'un des assaillants de l'église mis en examen

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    * Il s'agit d'un cousin d'Abdel-Malik Nabil Petitjean 
    * Il avait connaissance d'un projet criminel, selon le 
parquet 
    * La garde à vue du réfugié syrien levée 
 
 (Actualisé avec mises en examen) 
    PARIS, 31 juillet (Reuters) - Un cousin d'Abdel-Malik Nabil 
Petitjean, l'un des deux auteurs de l'attaque meurtrière contre 
l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), a été mis 
en examen dimanche et placé en détention provisoire, annonce le 
parquet de Paris. 
    Farid K., 30 ans, originaire de Nancy (Meurthe-et-Moselle), 
"avait parfaitement connaissance, si ce n'est du lieu et du jour 
précis, de l'imminence d'un projet d'action violente de son 
cousin", selon le parquet. 
    Il est mis en examen pour "participation à une association 
de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou 
plusieurs crimes d'atteinte aux personnes", conformément aux 
réquisitions du parquet. 
    Le casier judiciaire du cousin d'Abdel-Malik Nabil Petitjean 
porte la trace d'une seule condamnation : une amende de 800 
euros en 2009 pour une infraction routière, selon le parquet. 
    Il était le dernier des membres de l'entourage de 
l'assaillant gardé à vue avec un demandeur d'asile syrien, 
interpellé jeudi dans l'Allier. 
    La garde à vue du réfugié syrien a été levée dans la nuit de 
samedi à dimanche, a-t-on appris de source judiciaire. La 
photocopie d'un passeport portant son nom avait été retrouvée au 
domicile normand d'Adel Kermiche, le deuxième auteur de 
l'attaque survenue mardi et revendiquée par l'Etat islamique. 
    Dans une procédure distincte, un homme a été mis en examen 
pour "association de malfaiteurs terroriste" pour avoir tenté de 
gagner la Syrie en juin dernier avec Abdel-Malik Nabil 
Petitjean, ajoute le parquet dans un communiqué. 
    Jean-Philippe Steven J., né le 28 juin 1996 à Montreuil 
(Seine-Saint-Denis), en garde à vue depuis mercredi, a été placé 
en détention provisoire dans l'attente d'un débat différé devant 
le juge des libertés et de la détention qu'il a sollicité. 
    Abdel-Malik Nabil Petitjean et Adel Kermiche ont été abattus 
mardi par la police en sortant de l'église où ils ont tué un 
prêtre lors de la messe et grièvement blessé un paroissien. 
    Les enquêteurs cherchent à déterminer comment les deux 
hommes, qui habitaient à près de 700 kilomètres l'un de l'autre, 
se sont connus.     
     
    UN CONTACT LE 22 JUILLET? 
    Abdel-Malik Nabil Petitjean, né le 14 novembre 1996 à 
Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), était fiché "S" (pour "sûreté de 
l'Etat") pour radicalisation depuis le 29 juin. 
    Adel Kermiche, dont le casier judiciaire était vierge, était 
connu de la justice antiterroriste française pour avoir tenté 
par deux fois de gagner la Syrie en 2015. 
    Après dix mois en détention provisoire, il avait été placé 
en mars dernier sous contrôle judiciaire, avec assignation à 
résidence sous surveillance électronique, contre l'avis du 
parquet. Il avait interdiction de quitter la Seine-Maritime. 
    Les portables des deux assaillants ont "borné" aux mêmes 
endroits (leur signal était capté par la même antenne-relais) 
plusieurs jours avant les faits, a-t-on appris vendredi de 
source proche de l'enquête. 
    Selon Le Parisien Dimanche, Adel Kermiche et Abdel-Malik 
Nabil Petitjean, qui ne se connaissaient pas, seraient entrés en 
contact pour la première fois le 22 juillet, soit quatre jours 
avant l'attaque de l'église, via la messagerie mobile cryptée 
Telegram. 
    Selon des échanges révélés par L'Express et confirmés 
vendredi de source proche de l'enquête, Adel Kermiche déclarait 
le 19 juillet dans un message audio à un destinataire non 
identifié : "Tu prends un couteau, tu vas dans une église, tu 
fais un carnage, bim. Tu tranches deux ou trois têtes et c'est 
bon, c'est fini." 
    La veille de l'attaque, il écrit sur Telegram préparer de 
"gros trucs". "Je vous préviendrai à l'avance, trois quatre 
minutes avant et quand le truc arrivera, il faudra le partager 
direct." 
    L'Amaq, l'agence de communication de l'EI, a mis en ligne 
mercredi dernier une vidéo de deux hommes présentés comme les 
assaillants de Saint-Etienne-du-Rouvray et s'identifiant comme 
étant Abou Omar et Abou Djalil el-Hanafy. On les voit assis sur 
les marches d'un escalier prêter allégeance à Abou Bakr al 
Baghdadi, le chef de l'EI. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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