France-Un prêtre traditionaliste relevé de ses fonctions

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    LYON, 27 novembre (Reuters) - Le cardinal archevêque de Lyon 
a relevé vendredi de ses fonctions un prêtre qui a comparé les 
assaillants de la salle de concert du Bataclan, le 13 novembre à 
Paris, et leurs victimes, en les qualifiant de "frères siamois" 
dans une tribune publiée par le site catholique traditionaliste 
"Riposte Catholique". 
    Ce prêtre, le père Hervé Benoît, officie à la basilique de 
Fourvière, à Lyon. Mgr Philippe Barbarin explique sa décision 
dans un communiqué intitulé "Pleurez avec ceux qui pleurent". 
    "Après avoir pris le temps de le rencontrer et de l'écouter, 
j'ai décidé, en accord avec son évêque, Mgr Armand Maillard, de 
le relever de ses différentes charges pastorales dans le diocèse 
de Lyon", écrit-il.  
    Il a demandé au père Benoît de se retirer immédiatement dans 
une abbaye "pour prendre un temps de prière et de réflexion". 
    "Dans le contexte qui est le nôtre, il n'est pas acceptable 
que des chrétiens, à plus forte raison des prêtres, ne 
s'appliquent pas toujours et le plus possible à maintenir entre 
les hommes la paix et la concorde fondée sur la justice", 
souligne Mgr Barbarin.   
    Le 23 novembre, lors des obsèques de la lyonnaise Caroline 
Prenant, 24 ans, une des victimes du Bataclan, il avait dénoncé 
dans son homélie "la barbarie" des attentats du 13 novembre. 
    En marge de cette cérémonie, il s'était dit "consterné" par 
la tribune publiée trois jours avant. 
    Il avait dit vouloir rencontrer le père Benoît pour évoquer 
avec lui cette prise de position. Depuis lors, la tribune a 
suscité une polémique grandissante sur les réseaux sociaux et 
fait l'objet d'une pétition transmise au pape François.  
    Dans ce texte intitulé "Les aigles (déplumés) de la mort 
aiment le diable", allusion au nom de groupe qui se produisait 
ce soir-là au Bataclan, Eagles of Death Metal, et à une de leurs 
chansons "Kiss the Devil", le prêtre écrivait notamment :  
    "Regardez les photos de spectateurs quelques instants avant 
le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe 
extatique (...) Ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces 
zombies hashishins, sont leurs frères siamois. Même 
déracinement, même amnésie, même infantilisme, même inculture."  
 
 (Catherine Lagrange, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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