France-Un nouveau front s'ouvre contre la réforme du collège

le , mis à jour à 15:14
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* Sept syndicats appellent à la grève mardi * Les enseignants contestent les 20% d'autonomie * Vallaud-Belkacem fragilisée, Valls défend la réforme * Bruno Le Maire accentue son offensive à droite PARIS, 18 mai (Reuters) - Toujours soumis au feu roulant des critiques contre sa réforme du collège, le gouvernement affronte mardi la contestation de 80% du monde enseignant, un électorat dont François Hollande a perdu majoritairement la confiance. Le Premier ministre Manuel Valls s'affiche désormais en première ligne pour défendre la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, qui a réaffirmé dimanche sa détermination à appliquer la réforme en 2016 face aux "contre-vérités". Malgré l'opposition de 61% des Français à la réforme, adoptée le 10 avril par le Conseil supérieur de l'Education par 51 voix contre 25, l'exécutif, d'abord lent à riposter à l'image du chef de l'Etat, prend le risque d'un nouveau conflit dur après la querelle sur les rythmes scolaires. De fait, même si la majorité reste solidaire, Najat Vallaud-Belkacem n'est pas épargnée dans son propre camp où l'on regrette des mesures comme la suppression des classes bilangues. Dans la guerre de positions qui s'esquisse pour la présidentielle de 2017, du Front national au Parti de gauche, l'opposition de droite tient avec ce dossier son arme idéologique de prédilection mais aussi l'un des étalons de la compétition interne pour la primaire. Bruno Le Maire, aspirant candidat, ne s'y est pas trompé qui a pris de vitesse Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon en lançant une pétition pour le retrait de la réforme signée à ce jour par 230 parlementaires et 20.000 citoyens. EGALITÉ THÉORIQUE "Cette réforme du collège se fera car c'est une réforme pour l'égalité", pour "faire que la naissance et le milieu social ne dictent pas le destin des enfants", martèle Manuel Valls dans une tribune à Libération, refusant de plier sur l'un des rares domaines qui fasse encore consensus avec les "frondeurs" du PS. Cette réforme "constitue avec celle de la santé et celle de la justice (...) l'un des rares gages à sa gauche, mais le niveau de rejet enregistré devient préoccupant", relève Gaël Sliman, président d'Odoxa. Une enquête de l'institut réalisée les 13 et 14 mai montre paradoxalement une forte désapprobation des plus modestes à l'égard d'un dispositif censé les favoriser. Si les Français les plus aisés sont 58% à s'y opposer, les plus démunis sont 67%. Plusieurs intellectuels, de droite et de gauche, dénoncent une vision passéiste et erronée du pouvoir socialiste inspirée selon eux de la théorie de la reproduction des élites développée en 1969 par Pierre Bourdieu dans "Les Héritiers". Selon le dernier classement "Pisa" de l'OCDE (où la France est reléguée à la 25e position en lecture, mathématiques et sciences), le système éducatif français, miné par le déterminisme social, est plus inégalitaire chaque année. "Je préfère une égalité réelle à une égalité théorique. Parce que ce projet ne garantit pas la maîtrise des connaissances fondamentales, il aggravera les inégalités", juge Bruno Le Maire dans Libération. L'ÉCUEIL DE L'INTERDISCIPLINARITÉ L'intersyndicale SNES-FSU, SNEP-FSU, SNALC-FGAF, SNFOLC, SNETAA-FO, CGT Educ'action et SUD Education appelle les enseignants à faire grève et à manifester mardi pour protester contre une réforme qui, "sans répondre aux véritables besoins du collège (...) ne ferait qu'engendrer davantage d'inégalités". SNALC, FO, Sud, CGT réclament son retrait, le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, demande des discussions. Si la suppression des classes bilangues, l'avenir incertain des langues mortes ou la réforme afférente des programmes sont les points de friction les plus vifs, l'interdisciplinarité inquiète au plus haut point les enseignants. Les professeurs de matières classiques (français, mathématiques...) qui seront chargés des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) sur huit thèmes au choix, comme le développement durable, craignent de sacrifier l'apprentissage des acquis à ces ateliers. Les établissements disposeront d'une marge de manoeuvre de 20% sur le temps d'enseignement pour organiser ces modules. Les syndicats déplorent une "multiplication des hiérarchies intermédiaires", une "mise en concurrence des personnels, disciplines et établissements". Manuel Valls tente lundi d'amadouer les enseignants qui ont voté massivement pour François Hollande en 2012 mais ont grossi depuis les rangs des déçus du hollandisme, en les assurant de la "profonde gratitude" de la nation. (Sophie Louet avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • miez1804 le lundi 18 mai 2015 à 17:16

    @cavalair: ce n'est pas le faite quelle soit etrangere, mais surtout qu'elle est 1competente qui est genant!

  • cavalair le lundi 18 mai 2015 à 16:38

    c'est criminel de confier a des etrangers les programmes scolaires de nos enfants

  • M8252219 le lundi 18 mai 2015 à 15:40

    Il faudrait d'abord redonner de l'autorité aux maîtres. et ce n'est pas en leur permettant d’être présent à mis temps ou quart de temps devant les élèves.Ni les élèves ni les parents des élèves ne sont dupes de ces remplacements pour convenance personnelle et ils n’apprécient pas ces perturbations quotidiennes . L'enseignant responsable de classe se devrait d'être impérativement à temps plein.

  • dhote le lundi 18 mai 2015 à 15:32

    Apres Taubira et Tourraine c'est au tour de Belkacem d'entrer dans la tourmente le soutien un peu trop appuyé de Hollande et Valls va devenir indécent.

  • JOG58 le lundi 18 mai 2015 à 15:28

    he oui, Valls il faut arreter de défendre les causes perdues et stupides. La Naja vallaud Belkacem n'a pas les competences pour se mêler de réformer les collèges, il faut qu'elle retourne a son train train sans importance.