France-Un million d'euros requis contre Uber pour UberPop

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    PARIS, 12 février (Reuters) - Le parquet de Paris a requis 
vendredi une peine d'amende d'un million d'euros à l'encontre 
d'Uber France pour la mise en service de l'application UberPop, 
offre payante de transport entre particuliers aujourd'hui 
suspendue. 
    Le parquet a également requis des amendes de 50.000 et 
70.000 euros, ainsi que l'interdiction de gérer une entreprise 
pendant cinq ans, contre deux dirigeants de la filiale française 
d'Uber. 
    Pierre-Dimitri Gore-Coty, chargé de l'Europe de l'Ouest, et 
Thibaud Simphal, chargé du marché français, risquent jusqu'à 
cinq ans de prison et 300.000 euros d'amende, et Uber France 
encourt jusqu'à 1,5 million d'euros d'amende. 
    Les trois prévenus répondent notamment de complicité 
d'exercice illégal de la profession de taxi et de pratique 
commerciale trompeuse, mais aussi de chefs liés à la 
conservation de données personnelles. 
    Jeudi et vendredi, les débats entre la défense et les 
parties civiles, pour l'essentiel des organisations représentant 
les taxis, ont parfois davantage porté sur la concurrence subie 
par les chauffeurs traditionnels. 
    "Les taxis ne revendiquent que l'égalité. Nous ne sommes pas 
pour une société bloquée", a plaidé Luc Brossollet, l'avocat de 
la CGT Taxis. "Uber a entretenu médiatiquement un dénigrement 
des taxis." 
    Un autre avocat représentant les parties civiles a par 
ailleurs dénoncé la "loi du silence" derrière laquelle les deux 
dirigeants se sont selon lui abrités pour tenter d'échapper à 
une éventuelle condamnation. 
     
    SUSPENDUE EN JUILLET 2015 
    Hugues Calvet, l'un des avocat de la défense, a quant à lui 
expliqué ces poursuites par le fait qu'"Uber a entamé le 
monopole de la G7 à Paris". 
    Ce procès s'était ouvert en septembre dernier mais avait été 
aussitôt renvoyé, le temps que des expertises soient réalisées. 
    L'enquête visant UberPOP avait été ouverte le 27 novembre 
2014 et le siège parisien de la société perquisitionné le 16 
mars dernier. Quelque 1.200 téléphones portables avaient alors 
été saisis, ainsi que cinq ordinateurs et de la documentation. 
    Le Conseil constitutionnel a confirmé en septembre 
l'interdiction en France de l'application UberPOP, que la 
compagnie défendait au nom de la liberté d'entreprendre. 
 ID:nL5N11S4AL  
    Sans attendre cette décision, et sous la pression des 
autorités françaises et des chauffeurs de taxis, Uber avait 
suspendu l'application dès juillet 2015. Depuis, la compagnie a 
recentré son activité sur l'offre professionnelle d'Uber, à 
savoir celle des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC). 
    Une réorientation imposée en France, mais choisie de fait à 
travers l'Europe, où de nombreuses réticences se sont fait jour 
quant aux services du type UberPOP, expliquait récemment à 
Reuters un porte-parole du groupe.  ID:nL5N11O2GC  
    La France est le deuxième plus gros marché européen pour 
Uber, juste derrière le Royaume-Uni. La compagnie y revendique 
plus d'un million de clients. Elle y a par ailleurs un chiffre 
d'affaires d'environ six millions d'euros et un profit d'environ 
500.000 euros, a fait savoir à l'audience de septembre le 
directeur légal d'Uber en Europe.  
    Sur le marché français, UberPOP représentait, avant sa 
suspension, environ 20% des courses.  
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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