France-Un juge bientôt saisi sur l'état civil d'Ali Bongo

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    NANTES, 11 mars (Reuters) - L'avocat d'une demi-sœur d'Ali 
Bongo a déposé plainte vendredi auprès du doyen des juges 
d'instruction du tribunal de grande instance (TGI) de Nantes 
pour qu'un juge d'instruction enquête sur les "faux" et "usage 
de faux" reprochés à l'actuel président gabonais concernant ses 
actes d'état civil. 
    Me Eric Moutet entend ainsi obtenir une enquête 
"indépendante" et "approfondie" sur le sujet, après le 
classement sans suites de sa plainte par le parquet de Nantes.  
    "On a (...) trois versions de son acte de naissance, qui 
sont toutes différentes", explique l'avocat parisien. 
    Sa cliente Onaïda Maisha Bongo Ondimba, l'une des 54 enfants 
reconnus officiellement par Omar Bongo avant son décès en 2009, 
accuse son demi-frère Ali Bongo d'avoir falsifié ses actes 
d'état-civil dans le cadre de la succession de leur père.  
    Cette étudiante de 25 ans, née en France, est également par 
sa mère la petite-fille de Zacharie Myboto, un opposant 
politique à l'actuel chef de l'Etat gabonais. 
    Mais "les faux, à les supposer établis, ont été rédigés au 
Gabon et utilisés dans ce pays lors de l'ouverture de la 
succession", avait considéré la procureure de la République de 
Nantes, Brigitte Lamy, pour justifier le classement sans suites 
de sa plainte. "Or, les juridictions françaises ne sont pas 
compétentes pour connaître des délits commis à l'étranger, 
lorsque ni l'auteur ni la victime ne sont français." 
    Cette fin de non-recevoir opposée par le ministère public 
était "logique", selon l'avocat d'Onaïda Maisha Bongo Ondimba, 
au vu de son refus antérieur de communiquer l'intégralité de 
l'état civil d'Ali Bongo à sa cliente. 
     
    "POLÉMIQUE POLITIQUE", DIT BONGO 
    Celle-ci avait néanmoins obtenu gain de cause devant le 
tribunal de grande instance de Nantes, compétent pour trancher 
cette question en raison de la présence dans la ville du Service 
central d'état-civil (SCEC), un service décentralisé du 
ministère des Affaires étrangères qui regroupe les actes de 
naissance des ressortissants de l'ex-Afrique équatoriale 
française (AEF) avant leurs indépendances en 1960. 
    "La filiation de M. Ali Bongo Ondimba vis-à-vis de M. Omar 
Bongo Ondimba ne résulte que de l'attestation de deux témoins", 
avait estimé le juge des référés du TGI de Nantes. 
    Le magistrat avait également évoqué les propos de Pierre 
Péan, qui affirme dans son dernier livre que Ali Bongo serait en 
réalité né au Nigéria, ce qui le rendrait inéligible lors des 
prochaines élections présidentielles prévues en juillet 2016. 
    L'écrivain et journaliste français a depuis été mis en 
examen par la justice française pour "diffamation", suite à la 
plainte déposée en ce sens par les autorités gabonaises. 
    Lors de la procédure devant le TGI de Nantes, l'actuel chef 
de l'Etat gabonais avait demandé à sa demi-soeur le versement de 
50.000 euros pour sa fondation "Pour le Peuple Gabonais", en 
réparation de cette "polémique politique, dénuée de sérieux, 
d'objectivité et de prudence". 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse) 
 
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