France-Un homme interpellé au Maroc après avoir pris un vol armé

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    NANTES, 9 mars (Reuters) - Un ancien militaire français de 
31 ans a été arrêté dimanche à Fès (Maroc) après avoir pris un 
vol à l'aéroport de Nantes (Loire-Atlantique) avec des armes 
dans ses bagages sans être inquiété, a-t-on appris mercredi de 
source proche du dossier. 
    Manuel Broustail, qui habite Angers (Maine-et-Loire), avait 
pu prendre cet avion au terme de son assignation à résidence, 
qui avait été décidée le 3 décembre dernier dans le cadre de 
l'état d'urgence. Cinq couteaux, une machette, des treillis, une 
matraque téléscopique, une cagoule et une petite bonbonne de gaz 
avaient été retrouvés dans les bagages en soute, à son arrivée 
sur le sol marocain. 
    "Aucun manquement" aux règles de sécurité n'est toutefois 
reproché aux personnels de l'aéroport nantais, seule la présence 
d'explosifs étant recherchée, a indiqué une source proche du 
dossier, confirmant des informations de la presse régionale. 
    Fin décembre, Manuel Broustail avait déjà contesté en vain 
la légalité de son assignation à résidence devant le juge des 
référés du tribunal administratif de Nantes, où il disait avoir 
été "victime d'assertions mensongères de la presse quotidienne 
régionale" à la suite de la perquisition administrative menée à 
son domicile. 
    Selon une note des services de renseignement, le militaire 
se serait radicalisé à l'occasion d'une mission à Djibouti, au 
terme de laquelle il aurait été radié des effectifs de l'armée.  
    Il s'est "affirmé comme un leader de fait de la communauté 
islamiste radicale angevine", selon des éléments repris dans 
l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif, et 
"organise des entraînements sportifs de type paramilitaire avec 
ses coreligionnaires". 
    Il était également reproché à l'intéressé de rendre 
régulièrement visite à un détenu de la maison d'arrêt d'Angers 
"connu pour son fondamentalisme religieux" et "projetant de se 
rendre en Syrie à sa libération afin d'y mener le djihad". 
    Manuel Broustail se défendait toutefois d'exercer toute 
"fonction officielle ou officieuse de direction ou d'animation" 
d'un quelconque groupe musulman.  
    "Son adhésion au courant quiétiste du salafisme est le fruit 
d'un long processus spirituel, et ne traduit aucune 
radicalisation soudaine", soutenait également son avocat dans 
ses écritures. 
    Ce dernier estimait surtout que l'assignation à résidence de 
son client l'avait privé d'une chance de "conclure une 
négociation immobilière" au Maroc, pays où il réside 
habituellement, pour acquérir un local commercial. 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse) 
 
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