France-Un député LR veut engager la destitution de Hollande

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 (Actualisé avec Elysée) 
    PARIS, 7 novembre (Reuters) - Le député Les Républicains 
(LR) Pierre Lellouche a soumis lundi à la signature de ses 
collègues de l'Assemblée une proposition de résolution visant à 
engager une procédure de destitution de François Hollande pour 
cause de divulgation d'informations secrètes relevant de la 
sécurité nationale. 
    Il invoque l'article 68 de la Constitution, lequel prévoit 
que le Président de la République peut être destitué "en cas de 
manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec 
l'exercice de son mandat".  
    Interrogé au sujet de cette démarche, l'Elysée n'a souhaité 
faire aucun commentaire.  
    La destitution est prononcée par le Parlement constitué en 
Haute Cour. Présidée par le président de l'Assemblée, celle-ci 
statue dans un délai d'un mois à bulletins secrets et sa 
décision prend immédiatement effet. 
    L'article unique de la proposition de résolution de Pierre 
Lellouche porte précisément sur la convocation de la Haute Cour. 
    Le député vise les révélations et confidences contenues dans 
le livre des journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice 
Lhomme, "Un président ne devrait pas dire ça", fruit d'une 
soixantaine d'entretiens avec le chef de l'Etat. 
    Pierre Lellouche accuse François Hollande de leur avoir 
fourni "en temps réel" des informations sur ses "décisions les 
plus secrètes en matière d'emploi de la force armée" et sur ses 
conversations avec des chefs d'Etat. 
    Il lui reproche aussi d'avoir détaillé des opérations de 
libération d'otages et admis avoir ordonné des opérations "homo" 
d'exécutions ciblées par les services spéciaux.  
    Il dénonce également le fait que le chef de l'Etat ait 
laissé les deux journalistes publier dans Le Monde un document 
secret défense sur la préparation d'un bombardement en Syrie 
(bombardement qui n'a finalement pas eu lieu). 
    "Est-il concevable que le président de la République (...) 
viole ainsi ouvertement l'obligation de secret qui pèse sur les 
décisions les plus sensibles qu'il doit prendre en tant que chef 
des armées ?" demande le député dans son exposé des motifs. 
    "La mise en oeuvre de l'article 68 paraît donc 
indispensable, ne serait-ce que pour faire la lumière sur 
l'étendue des informations secrètes ou confidentielles relevant 
de la sécurité nationale, qui ont pu être divulguées", écrit-il. 
    Un autre député LR, proche de l'ancien président Nicolas 
Sarkozy, Eric Ciotti, a pour sa part saisi vendredi la justice 
pour violation du secret de la défense.   
    Invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1-Les 
Echos-iTELE, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a 
rejeté toute idée de "forfaiture" de la part de François 
Hollande. 
    "Je crois que tout cela, c'est de la politique politicienne 
dans le cadre de la préparation des primaires" de la droite pour 
l'élection présidentielle de 2017, a-t-il déclaré. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet) 
 
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