France-Un déficit en légère baisse pour le budget 2016

le
0

* Un déficit 2016 programmé en très légère baisse * La trajectoire des comptes publics confirmée * Charge de la dette quasi stable PARIS, 30 septembre (Reuters) - Le gouvernement a dévoilé mercredi un projet de budget 2016 marqué par un déficit en très légère diminution sous l'impact combiné de nouvelles baisses d'impôts et de charges ainsi que du financement des mesures en faveur notamment du monde agricole. Il a confirmé dans le même temps son objectif de ramener l'an prochain les déficits publics à 3,3% du produit intérieur brut contre 3,8% attendu en 2015, soit un effort de plus de dix milliards d'euros qui implique des économies plus conséquentes à venir pour la Sécurité sociale et les collectivités locales. Le déficit du budget de l'Etat s'inscrirait à 72 milliards d'euros contre 73 milliards, ce dernier ressortant légèrement en deçà des prévisions initiales (74,4 milliards). Le PLF, le dernier de plein exercice pour le quinquennat de François Hollande, inclut comme prévu deux milliards d'euros de baisses d'impôts supplémentaires pour les ménages afin de tenter de tourner la page du "ras-le-bol" fiscal des premières années du quinquennat. Il consacre également sans surprise la poursuite de la mise en oeuvre du "pacte de stabilité" sous la forme de nouvelles baisses de la fiscalité des entreprises qui seront complétées par des baisses de charges dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté la semaine prochaine. Le tout représente neuf milliards d'euros et sera mis en oeuvre avec un décalage de trois mois, au 1er avril, pour neutraliser le coût (1 milliard) des mesures de "suramortissement" des investissements et en faveur de l'apprentissage annoncées en juin. OBJECTIF DE CROISSANCE "ATTEIGNABLE" Le PLF 2016 prévoit d'autre part que les effectifs de la fonction publique d'Etat repartiront à la hausse, avec la création nette attendue de 8.300 postes l'an prochain du fait du renforcement des missions de sécurité intérieure de l'armée à la suite des attentats de janvier. Pour tenir les déficits, les budgets des ministères seront quasi stables, seuls les départements prioritaires, pour l'essentiel la défense, la sécurité et l'éducation, voyant leurs crédits augmenter. Le ministre des Finances Michel Sapin a une nouvelle fois insisté sur l'approche "prudente" du gouvernement en matière de prévisions, un an après que la France a dû réclamer à ses partenaires européens un nouveau délai pour ses objectifs de déficits en raison d'une croissance et d'une inflation faibles. Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) lui en a su gré, déclarant mercredi que la prévision de croissance de 1% cette année devrait se concrétiser et que celle de 1,5% l'an prochain était "atteignable". Dans son avis rendu juste avant la présentation du PLF, il a toutefois exprimé des réserves sur les progressions attendues de l'inflation et de l'évolution de la masse salariale en soulignant le risque qu'elles ne soient pas atteintes, ce qui aurait un impact sur les comptes sociaux et la réduction des déficits. ID:nL5N1200L9 Pour 2016, le gouvernement table sur une dette publique qui culminera à 96,5% du PIB avant de diminuer graduellement par la suite, contre 96,3% cette année et 95,6% en 2014. La faiblesse persistante des taux d'intérêt fait que la charge de la dette, le deuxième poste des dépenses de l'Etat après l'éducation, évoluerait peu à 44,5 milliards d'euros. Elle serait de 44,3 milliards en 2015, soit trois milliards de moins qu'attendu encore au printemps. (Yann Le Guernigou et Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux