France-Un an de prison ferme requis contre des Bonnets rouges

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RENNES, 17 septembre (Reuters) - Une peine de trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis a été requise mercredi à l'encontre de quatre militants du mouvement anti-écotaxe des Bonnets rouges jugés pour association de malfaiteurs, dégradation et destruction de biens publics. Il est notamment reproché aux prévenus d'avoir détruit un portique écotaxe à Pontorson (Manche) fin 2013, d'avoir préparé des actions violentes, comme la destruction d'une antenne de téléphonie mobile, et des violences à l'égard des forces de l'ordre lors des manifestations organisées par le mouvement. Le procureur de la République a également requis des peines d'un an de prison avec sursis contre sept autres prévenus qui ont comparu devant le tribunal correctionnel de Rennes pour des faits similaires mais avec de moindres degrés d'implication. Dans son réquisitoire, Arnaud Marie a notamment stigmatisé "la dérive violente et clandestine" d'individus ayant "une représentation fantasmée du combat politique". "Il y a eu des débordements, des actions clandestines qui portaient en germe des risques majeurs pour la vie de nos concitoyens, des risques de blessures graves", a t-il déclaré devant le tribunal, soulignant chez les prévenus "une indifférence aux enjeux et aux conséquences de leurs actes". Le procureur a également relevé les différents "moyens matériels" retrouvés chez certains prévenus, tels des cocktails molotov, des bonbonnes d'acide, des boucliers ou encore des barres de fer, comme preuves tangibles d'une volonté d'actions violentes lors des manifestations des Bonnets rouges. RAS-LE-BOL FISCAL ET POLITIQUE Agés de 21 à 47 ans, boucher, infirmier, pêcheur, chômeur ou étudiant, les prévenus ont mis en avant des motivations diverses, certains se réclamant de mouvements indépendantistes bretons, d'autres évoquant seulement un "ras-le-bol fiscal". "C'était la manifestation d'un simple ras-le-bol fiscal. Avec une nouvelle taxe, c'était la mort des entreprises", a dit à la barre un artisan plombier pour expliquer sa participation. Un autre prévenu, du mouvement indépendantiste d'extrême droite Adsav, a dit s'être impliqué dans les Bonnets rouges pour "défendre une cause juste: vivre et travailler en pays breton alors que les droits de la Bretagne ne sont pas reconnus". L'un des porte-paroles des Bonnets rouges, Jean-Pierre Le Mat, a témoigné à la barre pour défendre les prévenus et justifier l'usage de la violence. "Les Bonnets rouges ne s'interdisent pas la violence. Faut-il interdire la violence quand le territoire est en danger? Les portiques écotaxe représentaient l'injustice et la lourdeur fiscale comme une Bastille à faire tomber", a t-il déclaré. Le maire de Carhaix (Finistère) Christian Troadec, un des leaders du mouvement qui n'a pu se déplacer à Rennes pour raison de santé, a adressé une lettre au tribunal pour soutenir les prévenus qui, selon lui, "n'ont fait que leur devoir face à une situation économique dramatique". "Je comprends leur colère", a t-il ajouté dans ce courrier, estimant également que les prévenus n'avaient fait que précéder la décision de la ministre de l'Eécologie Ségolène Royal, qui a finalement supprimé l'écotaxe. La décision du tribunal a été mise en délibéré. (Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)

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