France-Un 1er-Mai sous tension contre la réforme du Code du travail

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    * Des incidents à Paris, deux blessés légers 
    * Défilés sans heurts en province 
    * Pas question de retirer le texte, redit El Khomri 
    * FO et CGT soudés après des années de brouille 
 
 (Actualisé avec incidents à "Nuit Debout") 
    PARIS, 2 mai (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes ont 
défilé dimanche à Paris, où des heurts sont de nouveaux 
survenus, et en province contre le projet de réforme du Code du 
travail, profitant du traditionnel rendez-vous social du 1er-Mai 
pour exiger le retrait du texte. 
    La mobilisation était en recul : entre 83.000 et 84.000 
personnes ont manifesté dans le pays, dont 16.000 à 17.000 à 
Paris, selon le ministère de l'Intérieur et la préfecture de 
police de Paris. La CGT a salué "un nouveau temps fort" avec 
"des dizaines de milliers" de manifestants, dont 70.000 à Paris. 
    Les cortèges de la Fête du Travail avaient rassemblé l'an 
dernier 110.000 personnes, selon la CGT, 76.000 selon la police, 
dont 9.000 à 12.000 à Paris. 
    Deux jours avant le début de l'examen du projet de loi 
contesté à l'Assemblée, la ministre du Travail s'est montrée 
inflexible en disant que le débat devait quitter la rue pour le 
Parlement où le texte, a-t-elle assuré, sera "enrichi". 
    "Le retrait, ce serait une retraite", a souligné Myriam El 
Khomri au "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-iTELE. 
    Les défilés se sont déroulés dans le calme en province, où 
la mobilisation était moindre, mais le cortège parisien a été 
perturbé par des incidents après les violents débordements de 
jeudi dernier. Un policier et un manifestant ont été légèrement 
blessés à Paris, précise le ministre de l'Intérieur, Bernard 
Cazeneuve, dans un communiqué. 
    Les forces de l'ordre ont procédé à 18 interpellations, dont 
une dizaine à Paris. Le ministre fustige "une minorité marginale 
et violente". 
    Des incidents sont survenus également dimanche soir en marge 
du rassemblement "Nuit Debout", place de la République, qui a 
été évacuée par les forces de l'ordre à la suite de l'irruption 
de "casseurs" qui s'en sont pris de nouveau aux policiers, selon 
la préfecture de police. 
    La station de métro République, cible d'une tentative 
d'incendie, a été fermée et des "dégradations importantes", dont 
la vitrine d'un magasin brisée, ont été signalées par la police. 
    Des jeunes cagoulés et/ou casqués avaient lancé dans 
l'après-midi des projectiles -- pierres, planches de bois, 
cartons, bouteilles...-- contre les forces de l'ordre en amont 
du cortège, boulevard Diderot (XIe), qui s'était ébranlé sans 
heurt de la place de la Bastille vers la place de la Nation. 
     
    "TOUT LE MONDE DÉTESTE LA POLICE" 
    Les CRS, appuyés par des policiers anti-émeutes et des 
membres de la BAC (Brigade anti-criminalité), ont répliqué par 
des tirs de gaz lacrymogène et de grenades désencerclantes. Sur 
Twitter, la préfecture de police a fait état "d'un groupe de 300 
individus violents". 
    "Paris debout, soulève-toi!", "Tout le monde déteste la 
police!", scandaient notamment ces jeunes qui ont conduit les 
forces de l'ordre à interrompre le cortège plus d'une heure et à 
le scinder afin d'isoler les éléments les plus virulents. 
    Le défilé, où des manifestants ont exprimé leur impatience 
et leur réprobation et sifflé les CRS, a ensuite pu rejoindre la 
place de la Nation, où échauffourées et dégradations ont repris 
lors de la dispersion en début de soirée. 
    En déplacement en Nouvelle-Calédonie, Manuel Valls avait 
assuré de la détermination des pouvoirs publics "face aux 
casseurs" alors que le cofondateur du Parti de gauche, Jean-Luc 
Mélenchon, disait sur France 3 redouter un mort et s'en prenait 
à la "malveillance absolue du haut commandement de la police". 
    Fait exceptionnel, la CGT et Force ouvrière ont défilé côte 
à côte avec la FSU, Solidaires, les organisations étudiante 
(Unef) et lycéennes (UNL, FIDL). Les syndicats "réformistes" 
(CFDT, CFTC, Unsa, FAGE) avaient organisé des tables rondes sur 
les thèmes des migrants et de la loi Travail. 
    "Il y a un vrai problème de société autour de la violence 
mais après, il y a une génération qui est sacrifiée, il y a des 
gens qui se sentent de plus en plus exclus : ce n'est pas la 
bonne façon de faire, mais la colère elle est là", a dit sur 
iTELE le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. 
     
    LA LOI SERA VOTÉE, ASSURE EL KHOMRI 
    Myriam El Khomri a dénoncé les "caricatures" du dirigeant 
syndical qui estime que son projet de loi permettra à "chaque 
entreprise d'avoir son propre code du travail". Elle a rappelé 
que la CGT signait "70%" des accords d'entreprise en France. 
    La ministre du Travail a assuré que le texte serait voté car 
"il y a de plus en plus de députés, notamment socialistes, qui 
revendiquent ce projet de loi." Elle s'est engagée à une 
application de la loi "dans les six mois" après sa promulgation. 
    "Ce serait curieux que mardi le gouvernement et le président 
de la République qui vont célébrer les 80 ans du Front populaire 
remettent en cause le même jour l'un des acquis fondamentaux de 
1936", a dit le dirigeant de FO, Jean-Claude Mailly, sur iTELE. 
    "La loi ne passera pas, il n'y pas de majorité pour la faire 
passer. D'une part parce que la droite trouve que cette loi ne 
lui convient pas, d'autre part parce qu'une partie des 
socialistes ont dit qu'ils ne la voteront pas", a affirmé 
Jean-Luc Mélenchon sur BFM TV. 
    "C'est important que la mobilisation s'inscrive dans la 
durée et qu'elle mette le débat parlementaire sous pression", a 
jugé pour sa part le secrétaire national du Parti communiste. 
    "Chacun sera devant ses responsabilités : passer en force 
malgré une opposition qui est majoritaire(...) ou alors tenir 
compte de cette mobilisation et ouvrir une autre discussion sur 
un autre texte", a ajouté Pierre Laurent. 
    "Ça continuera jusqu'au retrait de la loi Travail", a 
prévenu Olivier Mateu, l'un des responsables de la CGT des 
Bouches-du-Rhône en marge du défilé à Marseille, où les 
organisateurs ont comptabilisé 10.000 manifestants et la police 
2.100. Les forces de l'ordre ont procédé à sept interpellations. 
 
 (Sophie Louet avec Philippe Wojazer, Lucien Libert et 
Jean-François Rosnoblet) 
 
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