France-Trois gardes à vue dans l'enquête sur l'attaque de l'église

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    * Un réfugié syrien interpellé dans l'Allier 
    * Deux gardes à vue levées 
    * Adel Kermiche avait prémédité son acte 
    * Valls concède un "échec" judiciaire à son sujet 
 
    PARIS, 29 juillet (Reuters) - Trois personnes, dont un 
réfugié syrien, étaient entendues vendredi dans le cadre de 
l'enquête sur l'attaque djihadiste contre l'église de 
Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) où un prêtre a été 
tué, a-t-on appris de source judiciaire. 
    Outre le demandeur d'asile, interpellé près d'un centre 
d'accueil de réfugiés dans l'Allier selon une source proche de 
l'enquête, un membre de l'entourage d'Abdel-Malik Nabil 
Petitjean, l'un des deux assaillants tués par la police mardi 
lors de l'attentat, et un mineur de 16 ans arrêté le jour des 
faits à Saint-Etienne-du-Rouvray étaient toujours en garde à 
vue, a-t-on précisé de source judiciaire. 
    La garde à vue de deux autres personnes, également de 
l'entourage familial d'Abdel-Malik Nabil Petitjean, dans 
l'Allier, a été levée, a-t-on ajouté de même source. 
    Selon une source proche de l'enquête, la photocopie d'un 
passeport portant le même nom que le Syrien en garde à vue a été 
retrouvée au domicile normand d'Adel Kermiche, le deuxième 
auteur de l'attaque revendiquée par l'Etat islamique. 
    Selon des échanges sur la messagerie mobile Telegram, 
révélés par L'Express et confirmés de source proche de 
l'enquête, Adel Kermiche, né le 25 mars 1997 à Mont-Saint-Aignan 
(Seine-Maritime), avait prémédité son geste. 
    Le 19 juillet, il déclarait dans un message audio à un 
destinataire non identifié : "Tu prends un couteau, tu vas dans 
une église, tu fais un carnage, bim. Tu tranches deux ou trois 
têtes et c'est bon, c'est fini." 
    La veille de l'attaque, il écrit sur Telegram préparer de 
"gros trucs". "Je vous préviendrai à l'avance, trois quatre 
minutes avant et quand le truc arrivera, il faudra le partager 
direct." 
     
    VALLS RECONNAÎT UN "ÉCHEC" JUDICIAIRE 
    Adel Kermiche, dont le casier judiciaire était vierge, était 
connu de la justice antiterroriste française pour avoir tenté 
par deux fois de gagner la Syrie en 2015. Après dix mois en 
détention provisoire, il avait été placé en mars dernier sous 
contrôle judiciaire, avec assignation à résidence sous 
surveillance électronique, contre l'avis du parquet. 
    Au moment des faits, il était porteur d'un bracelet 
électronique qui l'autorisait à sortir en semaine de 08h30 à 
12h30. L'attaque a eu lieu vers 09h25 mardi. 
    Dans un entretien publié vendredi dans Le Monde, le Premier 
ministre Manuel Valls concède "un échec" judiciaire à son sujet. 
    "Cela doit conduire les magistrats à avoir une approche 
différente, dossier par dossier, compte tenu des pratiques de 
dissimulation très poussées des djihadistes. Mais je ne serai 
pas celui qui, au mépris de tout équilibre des pouvoirs, 
tomberait dans la facilité de rendre ces juges responsables de 
cet acte de terrorisme", dit-il.   
    Abdel-Malik Nabil Petitjean, né le 14 novembre 1996 à 
Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), était pour sa part fiché "S" 
(pour "sûreté de l'Etat") pour radicalisation depuis le 29 juin. 
    Le jeune homme avait été interrogé par des "profileurs" à 
l'aéroport d'Istanbul, en Turquie, porte d'entrée traditionnelle 
vers la Syrie. Les autorités turques n'ont transmis son nom à la 
France que fin juin. 
    Des sources policières pensent qu'il s'agit de l'homme dont 
la photographie a été diffusée vendredi dernier à tous les 
services de police et de renseignement français comme étant prêt 
à participer à un attentat. 
    On ignore pour l'instant comment les deux assaillants se 
sont connus. Ils habitaient à près de 700 kilomètres l'un de 
l'autre, et Adel Kermiche avait interdiction de quitter la 
Seine-Maritime. 
    L'Amaq, l'agence de communication de l'EI, a mis en ligne 
mercredi une vidéo de deux hommes présentés comme les 
assaillants de Saint-Etienne-du-Rouvray et s'identifiant comme 
étant Abou Omar et Abou Djalil el-Hanafy. On les voit assis sur 
les marches d'un escalier prêter allégeance à Abou Bakr al 
Baghdadi, le chef de l'EI. 
 
 (Sophie Louet avec Service France, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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