France-Trois ans de prison requis contre le fils Obiang

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    PARIS, 5 juillet (Reuters) - Le ministère public a requis 
mercredi trois ans d'emprisonnement à l'encontre du fils aîné du 
président de Guinée équatoriale Teodorin Obiang, dans le premier 
procès en France des "biens mal acquis" par des chefs d'Etat 
africains et leurs proches. 
    Il a également requis une amende de 30 millions d'euros et 
la confiscation de l'ensemble des biens mobiliers et immobiliers 
du prévenu saisis en France, d'une valeur d'environ 100 millions 
d'euros. 
    Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, était 
jugé en son absence pour blanchiment d'abus de biens sociaux, 
détournement de fonds publics, abus de confiance et corruption. 
    L'instruction a établi que Teodorin Obiang avait acquis en 
France entre le début des années 2000 et 2011, directement ou 
par le biais de prête-noms ou de sociétés écrans, un important 
patrimoine mobilier et immobilier. 
    Pièce maîtresse, un immeuble luxueux de 2.835 m2 avenue 
Foch, à Paris, acquis pour 25 millions d'euros et dans lequel 
l'accusé a fait pour 12 millions d'euros de travaux.  
    La présidente a aussi cité 18 voitures de luxe, achetées au 
total 7,5 millions d'euros, des oeuvres d'art, bijoux et 
vêtements de marque. 
    Teodorin Obiang est soupçonné d'avoir financé ces dépenses 
grâce au produit de la corruption, de détournements de fonds 
publics et d'autres délits commis en Guinée équatoriale. 
    Il avait notamment recours à des virements d'un compte 
ouvert à la Société générale de banque de Guinée équatoriale par 
la société d'exploitation forestière Somagui Forestal, qu'il 
contrôlait en tant que ministre de l'Agriculture et des forêts. 
    Il contraignait alors les compagnies forestières opérant 
dans son pays à lui payer, directement ou par l'intermédiaire de 
la Somagui, une sorte de dîme en échange de l'autorisation 
d'exporter du bois, a précisé la présidente. 
    Teodorin Obiang conteste pour sa part tout caractère illégal 
des sommes consacrées à ses dépenses en France et ses avocats 
dénoncent un "procès politique" visant à déstabiliser le régime 
de Malabo. 
    Au-delà du cas équato-guinéen, l'enquête sur les "biens mal 
acquis" vise notamment les familles d'Ali Bongo (Gabon) et de 
Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), qui possèdent 
respectivement à Paris 39 et 24 propriétés immobilières de luxe, 
et environ 200 comptes bancaires au total, selon la police. 
    Selon une source judiciaire, la fille et le gendre de Denis 
Sassou-Nguesso, Julienne Sassou-Nguesso et Guy Johnson, ont été 
mis en examen le 20 juin pour blanchiment de fonds publics. 
C'est la troisième mise en examen dans ce volet, après celle du 
neveu du président congolais, Wilfrid Nguesso.  
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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