France-Tous les feux au vert pour la production laitière

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    * Montée en flèche des prix du beurre et de la poudre de 
lait 
    * Le plan européen de limitation de la production a 
fonctionné 
    * La demande chinoise reprend 
 
    par Pierre-Henri Allain 
    RENNES, 26 septembre (Reuters) - Après avoir fait la 
grimace, industriels et producteurs français de lait ont 
retrouvé le sourire face à la montée en flèche des prix du 
beurre et de la poudre de lait, grâce à une conjoncture 
internationale qui semble résolument tourner le dos à la crise. 
    Le prix du beurre a quasiment doublé en quelques mois, 
passant de 2.400 euros à 4.300 euros la tonne de mai à fin 
septembre sur les marchés mondiaux tandis que la cotation de la 
poudre de lait connaissait elle aussi une embellie notable, due 
à une baisse globale de la production de lait mondiale. 
    Les fromages "ingrédients" tels le cheddar, le gouda et la 
mozzarella pour les pizzas ont également le vent en poupe. 
    "Les cours ont augmenté de manière significative et on 
s'attend à ce que cette évolution perdure. Il y a eu une prise 
de conscience par rapport aux problèmes de surproduction tandis 
que la demande est restée ferme", se félicite Michel Nalet, 
directeur des relations extérieures du groupe Lactalis, qui 
attend toutefois encore que ces prix à la hausse se reportent 
sur les produits transformés.  
    Les producteurs de lait, après avoir obtenu cet été une 
majoration des prix auprès de Lactalis, pour atteindre une 
moyenne de 275 euros les mille litres pour 2016, ne s'attendent 
guère toutefois à profiter de l'embellie avant début 2017.  
    "On était descendu très bas pour toucher le fond et, depuis 
quatre ou cinq semaines, les prix de l'ensemble des produits 
laitiers ont connu des hausses très nettes et cela fait plaisir. 
Mais pour leur traduction sur le prix du lait payé aux 
producteurs, il faudra encore être patient", a dit à Reuters 
Pascal Clément, secrétaire général de la FNPL (Fédération 
nationale des producteurs de lait).  
    "La conjoncture est à la hausse et c'est une bonne chose 
mais elle intervient après une crise très dure en Europe et il 
faudra du temps pour renflouer les trésoreries", a t-il ajouté. 
     
    "ELAN DE RESPONSABILITÉ" 
    Tout en déplorant la disparition probable de "nombreux 
éleveurs", le leader syndical se réjouit également d'un "élan de 
responsabilité" à l'échelle de l'Union européenne qui a limité 
les volumes de lait produits et largement contribué a redonner 
vigueur aux prix mondiaux.  
    "Le plan européen d'indemnisation au lait non-produit est 
une bonne chose et plus de 20% des éleveurs français y ont très 
vite souscrit tandis que les Allemands entraient dans la même 
démarche", note t-il.  
    Si la spectaculaire remontée des prix des produits laitiers 
est due pour une bonne partie à une baisse de la production 
européenne, la collecte de lait a également diminué un peu 
partout dans le monde. 
    Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Amérique du Sud, le recul 
général de la production favorise un phénomène qu'est en outre 
venue renforcer une reprise de la demande chinoise.  
    "La Nouvelle-Zélande a liquidé tous ses stocks pour répondre 
à la demande chinoise qui a repris fin juillet et c'est une très 
bonne chose", commente Gérard Calbrix, directeur des affaires 
économiques de l'association de la transformation laitière 
française (ATLA), qui table également sur une demande plus forte 
des Chinois pour les produits laitiers européens dans les 
prochains mois. 
    Selon l'ensemble des observateurs, la hausse des prix ne 
sera pas en tout cas un simple feu de paille, la diminution des 
volumes demeurant confrontée à une demande mondiale qui reste 
forte avec une augmentation d'environ 2% chaque année. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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