France-Toujours l'impasse à la SNCM, nouvelle réunion le 18/11

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* Aucun progrès vers une solution, nouvelle réunion en novembre * Pour Vidalies, le redressement est une "probabilité forte" * Les syndicats veulent limiter la casse sociale MARSEILLE, 28 octobre (Reuters) - Partenaires sociaux, représentants de l'Etat et actionnaires de la SNCM se sont quitté mardi sur un nouveau constat d'échec, l'actionnaire majoritaire Transdev et le gouvernement prônant un redressement judiciaire de la compagnie maritime que refusent les syndicats. Au terme d'une réunion censée être la dernière du processus de médiation engagé après 17 jours de grève cet été, ils sont justes convenus de se retrouver le 18 novembre pour permettre de "clarifier les positions des actionnaires et de l'Etat" selon le président du directoire de la SNCM, Olivier Diehl. Détenue à 66% par Transdev - coentreprise entre Veolia VIE.PA et la Caisse des dépôts -, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés, la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) est au bord de l'asphyxie financière. Transdev a réitéré sa volonté de pousser la compagnie vers un redressement judiciaire qui lui apparaît, comme au gouvernement, la seule solution pour créer une nouvelle entité plus attractive pour un éventuel repreneur et libérée du poids des aides à rembourser. Le placement de la SNCM en redressement judiciaire est une "probabilité forte dans un proche avenir", a estimé le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "La balle est dans le camp de François Hollande et de son gouvernement pour éviter une casse de l'emploi", a rétorqué le délégué de la CGT Marins, Frédéric Alpozzo. TOBOGGAN VERS LA LIQUIDATION Pour Transdev et le gouvernement, il faut déclencher une procédure collective pour purger le passif européen, à savoir les quelque 220 millions d'euros d'aides publiques reçues par la SNCM dont la Cour de justice de l'Union européenne a exigé le remboursement. "Les mauvaises nouvelles de la Commission Européenne sont plus inquiétantes que prévu sur le périmètre et surtout sur la transmission du contrat de service public qui lie la SNCM à la Corse jusqu'en 2023", a déclaré le délégué CFE-CGC des cadres et officiers, Pierre Maupoint de Vandeul. "Sans cette garantie, le redressement judiciaire est un toboggan pour la liquidation", a-t-il dit. Le passage par le redressement judiciaire s'inscrirait automatiquement dans le cadre de la jurisprudence européenne, qui réclame une "absence de continuité de l'activité économique pour apurer les passifs financiers". Pour la SNCM, cette démarche se traduirait par une vente aux enchères des actifs de la compagnie, accompagnée d'un plan social pour les 1.508 salariés en CDI. Ce scénario laisserait sur le carreau les 400 salariés réguliers en CDD et un volant de 300 à 500 saisonniers. Il aurait aussi un fort impact sur les emplois induits dans la sous-traitance, 1.200 à Marseille et 800 en Corse. "Le risque n'est pas d'aller vers un redressement maîtrisé, mais vers une liquidation non maîtrisée", a indiqué Oliver Diehl, précisant que la direction de la SNCM était dans une "phase de recherche" d'un repreneur. Selon lui, une cinquantaine d'opérateurs ont été approchés, dont une dizaine se sont montrés "plus intéressés" par le dossier. "Certains attendent le redressement judiciaire pour s'afficher", a-t-il concédé. C'est le cas de la société américaine Baja Ferries, qui a engagé des négociations directes avec Transdev en mars. Le spécialiste européen de la logistique du froid Stef TFE STF.PA serait aussi sur les rangs pour une éventuelle reprise, notamment pour la desserte de la Corse avec quatre bateaux. (Jean-François Rosnoblet, édité par Yann Le Guernigou)


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