France-Total Petrochemicals jugé pour deux morts à Carling

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    STRASBOURG, 28 février (Reuters) - Le procès de l'explosion 
d'un vapocraqueur qui a fait deux morts et six blessés en 2009 
sur le site Total Petrochemicals de Carling, en Moselle, s'ouvre 
lundi devant le tribunal correctionnel de Sarreguemines. 
    La filiale pétrochimique de Total  TOTF.PA  et l'un de ses 
cadres, Claude Lebeau, qui était à l'époque directeur de 
l'usine, comparaîtront jusqu'à vendredi pour répondre 
d'homicides et blessures involontaires. 
    Total Petrochemicals, qui conteste sa responsabilité, n'a 
pas souhaité faire de commentaire avant l'ouverture du procès. 
    La déflagration s'était produite le 15 juillet au moment où 
les ouvriers tentaient de rallumer un des surchauffeurs, un four 
à gaz qui augmente la température de la vapeur utilisée pour 
craquer le naphta, dérivé pétrolier à partir duquel sont 
produits l'éthylène et le propylène. 
    Maximilien Lemerre, un opérateur en formation de 21 ans et 
Jérôme Griffoul, âgé de 28 ans, sont morts sur le coup. 
    Le rallumage d'une telle installation est une opération 
rare, le vapocraqueur ayant vocation à fonctionner sept jours 
sur sept et 365 jours par an. Sa mise à l'arrêt, la veille, 
avait été provoquée par des infiltrations dues à un orage. 
    Une enquête interne réalisée à la demande du CHSCT (Comité 
hygiène, sécurité et conditions de travail) a révélé qu'un 
automatisme de sécurité, bloquant la sortie du gaz en cas 
d'absence de flamme, avait été désactivé plusieurs années 
auparavant pour cause de déclenchement intempestif. 
     
    TOTAL PARLE D'ERREUR HUMAINE 
    Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction Jérôme 
Hannoun reproche notamment à l'entreprise et à son directeur, 
d'avoir désactivé ces détecteurs "sans édicter des mesures 
compensatoires assurant un niveau de sécurité équivalent". 
    Total s'est défendu durant l'instruction de toute 
responsabilité en imputant implicitement l'accident à une erreur 
humaine ou au non respect de la procédure pescrite. 
    Les ouvriers auraient notamment dû vérifier que les pilotes, 
des sortes de veilleuses, étaient allumés. Cette vérification 
visuelle était rendue difficile par la présence de vapeur sous 
le surchauffeur, a toutefois estimé un expert judiciaire. 
    Pour Me Philippe Honneger, avocat de la famille de 
Maximilien Lemerre et d'un des ouvriers blessés, le procès est 
celui de "David contre Goliath, celui des gens qui meurent sur 
l'autel du profit des multinationales". 
    "Une seule question se pose : est-ce que Total a pris toutes 
les mesures nécessaires pour assurer ce jour-là la sécurité des 
salariés sur le site ?" a-t-il ajouté, en répondant à Reuters. 
    Le vapocraqueur soufflé par l'explosion n'a jamais 
redémarré. Le second, jugé insuffisamment rentable, a été 
définitivement arrêté fin 2015. 
    La plateforme de Carling a lancé en contrepartie un vase 
plan d'investissement pour se spécialiser dans les résines 
d'hydrocarbures et les polymères, des productions à plus forte 
valeur ajoutée. Les effectifs du site, qui étaient de 800 
personnes en 2009 sont tombés à 550, sans licenciement. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 

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