France-Total condamné pour une explosion mortelle à Carling

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 (Actualisé avec citations) 
    STRASBOURG, 13 juin (Reuters) - Total Petrochemicals, la 
filiale produits chimiques du groupe pétrolier français, a été 
condamné lundi à 200.000 euros d'amende par le tribunal 
correctionnel de Sarreguemines, pour l'explosion d'un 
vapocraqueur qui avait fait deux morts et six blessés à Carling 
en 2009, a-t-on appris auprès du greffe. 
   Claude Lebeau, qui était directeur de l'usine à l'époque des 
faits, est condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 
euros d'amende. 
    Les peines sont conformes aux réquisitions prononcées par le 
procureur, le 4 mars dernier, pour la compagnie pétrolière et 
réduites de moitié s'agissant de son employé. 
    L'accident était survenu le 15 juillet, alors que les 
ouvriers tentaient de rallumer un surchauffeur, un four à gaz 
qui augmente la température de la vapeur utilisée pour craquer 
le naphta, dérivé pétrolier à partir duquel sont produits 
l'éthylène et le propylène. 
    La désactivation d'un détecteur de flammes, un équipement de 
sécurité qui empêche l'arrivée du gaz en cas d'extinction des 
veilleuses, mais dont le fonctionnement était jugé trop 
aléatoire par l'entreprise, constitue pour les juges la cause 
principale de l'accident. 
    "Cette explosion ne serait jamais survenue si les BSL 
(Burner Security Low) des détecteurs de flammes n'avaient pas 
été shuntés", affirme le tribunal qui juge dès lors sans objet 
la problématique de l'erreur humaine, invoquée par les avocats 
de la défense pour plaider la relaxe. 
    "L'irrespect du mode opératoire par les opérateurs de 
terrain est la cause directe de l'explosion mais n'en est pas la 
cause unique et exclusive", le court-circuitage de la sécurité 
étant "la cause indirecte mais première et inéluctable, dit-il 
dans ses motivations. 
    Le tribunal bat en brèche, au passage, l'affirmation des 
avocats de Total selon laquelle "la sécurité est une valeur 
fondamentale" de l'entreprise. 
    Il note que si la pose du "shunt" date de 1995, Total 
Petrochemicals ne l'a présentée au Comité hygiène et sécurité du 
site qu'en 1999 et "ne s'est préoccupé d'y remédier qu'à compter 
de la mise en demeure par les services de la Drire (Direction 
régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) 
en 2006". 
   Une solution technique sera trouvée peu de temps après 
l'accident. 
    "La faute caractérisée commise par la société Total 
Petrochemicals France a été commise durant de nombreuses années 
et sciemment dissimulée à l'autorité préfectorale. Elle est 
ainsi d'une toute particulière gravité", concluent les juges. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 

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