France-Tollé et enquête sur le "fichage" religieux à Béziers

le , mis à jour à 13:22
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TOULOUSE, 5 mai (Reuters) - Le parquet de Béziers (Hérault) a annoncé mardi avoir ouvert une enquête préliminaire sur le fichage des élèves en fonction de la religion auquel le maire de la commune, Robert Ménard, a dit procéder. L'enquête devra permettre d'établir la réalité du fichier, que la mairie de Béziers s'est défendue mardi d'avoir constitué, ainsi que la méthode employée, précise le communiqué du parquet. Robert Ménard, maire apparenté Front national, a expliqué lundi soir sur France 2 disposer de statistiques sur l'appartenance religieuse des enfants scolarisés dans sa commune, relevant que 64,6% d'entre eux sont musulmans. "Ces chiffres, c'est ceux de ma mairie, on les a. Pardon de vous dire que le maire, il a classe par classe le nom des enfants, je sais que je n'ai pas le droit de le faire, pardon de vous dire que les prénoms disent les confessions", avait-il dit. Robert Ménard dit y voir le reflet d'un "problème avec l'immigration" et invoque l'absence de maîtrise du français des parents de ces enfants. La mairie de Béziers a démenti mardi dans un communiqué l'existence d'un fichier autre que ceux de l'Education nationale mais les propos de l'ancien président de Reporters sans frontières ont provoqué un tollé dans la classe politique et au-delà. "Honte au Maire de Béziers. La République ne fait AUCUNE distinction parmi ses enfants", écrit le Premier ministre, Manuel Valls, a écrit sur son fil Twitter. La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, dénonce pour sa part un "fichage non seulement illégal de la part d'un maire qui est à ce titre représentant de l'État sur sa commune, mais aussi profondément anti-républicain". "J'ai demandé à la rectrice de Montpellier de saisir le procureur de la République pour protéger les élèves de cette commune et mettre un terme immédiat à cette pratique qui attente à la République." Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, évoque pour sa part un "climat de guerre civile verbale" qui "mine notre cohésion nationale et porte atteinte au message d'égalité de la France", dans un communiqué intitulé "Monsieur Ménard, ce n'est plus Reporters sans frontières, c'est raciste sans limite!" Gérald Darmanin, député UMP et porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne pour la présidence du parti, écrit pour sa part sur les réseaux sociaux que son second prénom est Moussa et interroge : "Enfant dans votre ville, aurais-je été fiché ?" Pour sa part, l'association SOS Racisme dit étudier "les recours juridiques pour faire cesser ce fichage ethnique". La loi du 6 janvier 1978 précise qu'il est interdit de "collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques". (Julie Rimbert et Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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