France-Tollé contre Morano après ses propos sur la "race blanche"

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(Actualisé avec réaction de Morano) AVIGNON, 28 septembre (Reuters) - Les propos tenus par la députée européenne Nadine Morano (Les Républicains), selon laquelle la France est un pays de "race blanche" qui doit le rester ont provoqué un tollé lundi, des critiques de son propre camp se mêlant à celles de la majorité. L'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et tête de liste des Républicains en Meurthe-et-Moselle pour les régionales de décembre prochain a fait ces déclarations samedi soir sur France 2 dans l'émission "On n'est pas couché". "Nous sommes un pays judéo-chrétien - le général de Gaulle le disait -, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. J'ai envie que la France reste la France. Je n'ai pas envie que la France devienne musulmane", avait-elle dit. Le Premier ministre Manuel Valls a répliqué à la vice-présidente de la Commission nationale d'investiture des Républicains. "La France, ce n'est pas une race. La France, ce n'est pas une couleur. La France, ce n'est pas une religion. La France, c'est une identité multiple qui doit être fière de ses racines", a-t-il dit dans un discours prononcé lundi à Avignon. Ses mots ont fait écho à ceux prononcés quelques heures plus tôt sur BFM TV par Bruno Le Maire, candidat à la primaire des Républicains pour la présidentielle de 2017. "La France, ce n'est pas une race. La France, ce n'est pas une religion, la France (...) n'est pas une couleur de peau. La France c'est une idée, c'est des principes, c'est des valeurs essentielles, l'égalité homme-femme, la laïcité, notre histoire, notre mémoire, notre langue", a-t-il déclaré. L'ancien Premier ministre Alain Juppé a lui aussi réagi lors d'une conférence de presse à Bordeaux. "La nation ne se définit pas par une race", a-t-il dit en refusant toutefois de dire si Nadine Morano avait toujours sa place chez Les Républicains : "Je ne suis pas le grand excommunicateur, ni le grand inquisiteur. Je défends mes valeurs, voilà." MORANO PARLE DE PROCÈS EN SORCELLERIE Sébastien Huyghe, porte-parole des Républicains, a dit lundi lors d'un point de presse que Nadine Morano n'était "pas habilitée à parler au nom de notre famille politique". Il a déploré une "expression malheureuse" à laquelle les Républicains ne s'"associent pas". Mais Nadine Morano ne sera pas sanctionnée car elle s'exprimait en son nom, a-t-il précisé. Philippe Richert, candidat des Républicains à la présidence de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, dont Nadine Morano est co-listière, a diplomatiquement fait connaître son désaccord dans un communiqué. "Les propos attribués au général de Gaulle (...) ne peuvent pas être utilisés en dehors du contexte historique qui était celui de l'époque. La connotation et la charge des mots ont considérablement changé en demi-siècle", a-t-il écrit. Nadine Morano a publié lundi soir un communiqué dans lequel elle ne retire pas un mot de ses propos, qualifiant la polémique de "tempête dans un petit verre de liqueur". "Mes propos sont totalement instrumentalisés en créant des sous-entendus qui n'ont pas lieu d'être. Je n'accepte pas ce procès en sorcellerie, jamais je n'ai parlé d'une supériorité de race", a-t-elle déclaré. "S'il s'avère que j'ai des points de désaccord avec ma famille politique sur certains sujets, notamment avec Philippe Richert, je les assume mais dans le respect du débat démocratique et non dans le lynchage médiatique qui ne sert que nos adversaires", a-t-elle ajouté. "Faut-il avoir honte de ce que nous sommes ? Gaulliste je suis, gaulliste je resterai !" (Jean-François Rosnoblet, avec Claude Canellas à Bordeaux et sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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