France-Teodorin Obiang renvoyé en correctionnelle

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    PARIS, 7 septembre (Reuters) - Teodorin Obiang, le fils du 
président de Guinée équatoriale, soupçonné de s'être 
frauduleusement bâti en France un important patrimoine, a été 
renvoyé en correctionnelle, a-t-on appris mercredi de sources 
proches du dossier. 
    Cette décision ouvre la voie au premier procès en France des 
biens dits "mal acquis" par des chefs d'Etat africains ou leurs 
proches. 
    Teodorin Obiang sera jugé pour blanchiment d'abus de biens 
sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance et 
corruption, conformément aux réquisitions du Parquet national 
financier (PNF). 
    Son avocat, Me Emmanuel Marsigny, n'a souhaité faire "aucun 
commentaire" sur le renvoi en correctionnelle de son client. 
    "La France va accueillir le premier procès sur les biens mal 
acquis", s'est félicité William Bourdon, avocat de l'ONG 
Transparency International France et président de Sherpa, deux 
associations à l'origine des poursuites.  
    "C'est le résultat d'une traque judiciaire finalement assez 
brève, qu'aucun des nombreux recours n'a ni ralentie, ni 
empêchée", a-t-il ajouté. 
    L'instruction a permis d'établir que Teodorin Obiang a 
acquis en France, entre 2007 et 2011, soit directement, soit par 
l'intermédiaire de prête-noms ou sociétés écrans, un patrimoine 
mobilier et immobilier évalué à plusieurs dizaines de millions 
d'euros, explique une source proche du dossier. 
    Ce patrimoine a été constitué alors qu'il était ministre de 
l'Agriculture et des Forêts.  
    Teodorin Obiang a été promu en juin vice-président chargé de 
la défense et de la sécurité. Il était depuis mai 2012 second 
vice-président de la République équato-guinéenne.  
    Il avait contesté sa mise en examen dans cette affaire 
jusque devant la Cour de cassation, au titre de l'immunité 
diplomatique. 
    Mais la plus haute juridiction française a validé en 
décembre 2015 sa mise en examen, notamment au motif qu'il était 
ministre de l'Agriculture au moment des infractions présumées. 
   Les juges d'instruction ont notamment saisi en 2013 un 
immeuble luxueux de l'avenue Foch, dans le XVIe arrondissement 
de Paris, dont ils pensent qu'il était le propriétaire de fait. 
   Fin 2008, les associations Transparency International France 
et Sherpa avaient porté plainte avec constitution de partie 
civile contre trois chefs d'Etat africains et certaines 
personnes de leur entourage. 
   Une information judiciaire a été ouverte par la suite, après 
validation de la procédure en novembre 2010 par la Cour de 
cassation. 
   Au-delà du cas équato-guinéen, l'enquête sur les biens 
présumés mal acquis vise les familles d'Ali Bongo (Gabon) et de 
Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), qui possèdent 
respectivement à Paris 39 et 24 propriétés immobilières de luxe, 
et environ 200 comptes bancaires au total, selon une enquête de 
police. 
    Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, en poste 
depuis 37 ans, a été réélu avec 93,7% des voix lors du scrutin 
organisé le 24 avril dernier. 
 
 (Gérard Bon, édité par Chine Labbé) 
 
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  • masson33 il y a 3 mois

    Et les autres "chers amis presidents africains.."...à qui le tour maintenant ...?