France Télécom ne voit pas la guerre des prix faiblir en 2013

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FRANCE TÉLÉCOM VOIT LA GUERRE DES PRIX SE POURSUIVRE EN 2013
FRANCE TÉLÉCOM VOIT LA GUERRE DES PRIX SE POURSUIVRE EN 2013

par Catherine Monin

PARIS (Reuters) - France Télécom a souffert en 2012 de la concurrence féroce liée à l'irruption il y a plus d'un an du quatrième opérateur mobile, Free, filiale d'Iliad, sur le marché français et s'attend à ce que la guerre des prix se poursuive en 2013.

Signe que l'opérateur historique a pâti de l'arrivée du nouvel entrant, qui a contraint les autres opérateurs à s'aligner sur sa stratégie de prix à bas coût, France Télécom a vu son revenu moyen par abonné mobile reculer de 10% l'année dernière.

La baisse du nombre d'abonnés mobile s'est toutefois stabilisée fin 2012 par rapport à fin 2011.

"Après les pertes d'abonnés importantes au premier semestre, nous avons pu limiter l'érosion des parts de marché sur les six derniers mois de l'année en ajustant nos prix", a expliqué le directeur financier Gervais Pellissier, qui a reconnu que "cette pression sur les prix va sans doute être plus forte en 2013 que nous l'avions anticipé au troisième trimestre".

"Comme les prix risquent de ne pas se stabiliser en France, nous renforcerons nos efforts pour améliorer notre structure de coûts car il faut accélérer la mutation du groupe pour s'adapter à cette nouvelle structure de marché", a ajouté le directeur financier, qui prévoit malgré tout un cash flow opérationnel supérieur à sept milliards d'euros en 2013, après avoir tenu l'objectif de 2012 à environ huit milliards d'euros.

Afin d'améliorer sa structure de coûts, France Télécom avait annoncé début janvier un accord sur l'emploi des seniors qui lui a déjà permis d'économiser 174 millions d'euros de coûts salariaux en 2012.

RÉSULTATS CONFORMES AUX ATTENTES

Pénalisé par une conjoncture économique délicate, le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 3,2% à 10,92 milliards d'euros en données comparables sur le dernier trimestre et l'Ebitda retraité a chuté de 8,8% à 3,13 milliards d'euros, portant la marge à 28,7% contre 30,4% en 2011.

Le groupe affiche toutefois sur l'année 2012 un chiffre d'affaires consolidé de 43,515 milliards d'euros et un Ebitda de 13,78 milliards d'euros, conformément aux attentes du consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Vers 10h45, le titre France Télécom reculait de 0,6% à 7,679 euros, sous-performant l'indice CAC 40 (+0,02%). L'action avait enregistré en 2012 l'une des plus mauvaises performances du CAC 40, cédant 31,28%.

"Le marché est rassuré par des résultats 2012 conformes aux attentes et par le maintien des objectifs pour cette année en dépit d'une concurrence féroce en France", a expliqué Nick Brown, analyste à la banque d'investissement Espirito Santo.

Le résultat net part du groupe, en baisse de 30,7% à 3,4 milliard par rapport à 2011, intègre une perte de valeur des écarts d'acquisition de 835 millions d'euros, liée notamment aux dépréciations en 2012 de la Pologne à hauteur de 889 millions d'euros, de l'Egypte (400 millions d'euros) et de la Roumanie (359 millions d'euros).

POLITIQUE D'ACQUISITION SÉLECTIVE

Le groupe a en effet dû faire face à la faiblesse du marché polonais (croissance -4,1% à base comparable), où sa filiale TPSA a signé de mauvaises performances au quatrième trimestre et a dit début février s'attendre à un net recul de son chiffre d'affaires.

Pour redresser la barre, la maison-mère prévoit donc de renforcer le partage d'infrastructures en Pologne, de réduire les points de vente et de supprimer 1.700 postes.

Gervais Pellissier a toutefois souligné de bonnes performances en Espagne, où le groupe continue de gagner des parts de marché, avec une croissance de 0,9% en 2012.

France Télécom devrait s'en tenir cette année à une politique d'acquisition très sélective, centrée sur la consolidation du marché et envisage avec Deutsche Telekom une entrée en Bourse d'une partie du capital de leur coentreprise britannique Everything Everywhere.

"Cette opération, qui pourrait avoir lieu fin 2013 ou début 2014, dépendra des performance d'Everything Everywhere au premier semestre et des conditions du marché britannique", a expliqué Gervais Pellissier.

"Nous n'avons pas besoin de dégager de cash supplémentaire dans l'immédiat donc cette opération doit avant tout servir à valoriser cet actif."

Le quatrième opérateur d'Europe a confirmé un dividende de 0,80 euro au titre de l'année 2012 et 2013, avec un objectif de ratio de dette sur Ebitda proche de 2 à la fin 2014, contre 2,17 fin 2012.

Avec la contribution de Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot

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