France Télécom ne veut pas se désengager d'Everything Everywhere

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France Télécom ne veut pas se désengager d'Everything Everywhere
France Télécom ne veut pas se désengager d'Everything Everywhere

par Gwénaëlle Barzic

MARSEILLE (Reuters) - France Télécom et Deutsche Telekom n'ont pas l'intention dans l'immédiat de se désengager de leur coentreprise britannique Everything Everywhere et ont les moyens de financer leurs investissements, a déclaré jeudi le PDG de l'opérateur français, Stéphane Richard.

Selon la presse britannique, le premier opérateur mobile de Grande-Bretagne pourrait être la cible d'une offre de rachat de huit milliards de livres (9,9 milliards d'euros).

L'ancien directeur général de la coentreprise, Tom Alexander, est à la manoeuvre et il a pris contact avec plusieurs sociétés de capital-investissement, dont KKR, CVC et Providence, ont dit à Reuters plusieurs sources qui se sont toutefois montrées circonspectes sur la probabilité de voir le projet aboutir.

"Nous avons une JV avec Deutsche Telekom en Angleterre. Nous sommes contents de ce qu'elle fait, nous sommes contents de son fonctionnement, nous sommes contents de son management, nous n'avons pas de problème avec cette JV", a déclaré Stéphane Richard à des journalistes en marge d'un déplacement à Marseille.

"Les Allemands aussi sont contents d'être là, ils ne souhaitent pas vendre. Nous ne souhaitons pas vendre", a-t-il ajouté.

Prié de dire s'il avait reçu une offre de la part de Tom Alexander, le PDG a répondu par la négative, ajoutant qu'il y avait "beaucoup d'agitation autour de pas grand-chose".

"S'il y a un projet qui fait sens qui nous est présenté, bien sûr, on le regardera; ce n'est pas pour cela qu'on l'acceptera. Mais, au jour d'aujourd'hui, on n'est pas vendeur d'Everything Everywhere, ni nous, ni les Allemands, ni les deux", a-t-il poursuivi.

Invité la semaine dernière du sommet Reuters des médias et des technologies, le directeur financier de France Télécom, Gervais Pellissier, avait déclaré que le groupe pourrait envisager d'introduire en Bourse une partie de sa participation dans la coentreprise lorsque celle-ci aura atteint son potentiel, notamment en termes de synergies.

France Télécom et Deutsche Telekom ont réuni leurs activités britanniques en 2010 pour donner naissance au premier opérateur de téléphonie mobile du pays avec 27 millions de clients. Objectif affiché à l'époque: réaliser 3,5 milliards de livres d'économies de coûts via la création d'un réseau unique et le démantèlement d'antennes mobiles superflues.

PAS D'URGENCE FINANCIÈRE

La coentreprise a toutefois mis plus de temps que prévu pour générer des économies et le groupe doit encore se prononcer sur le nombre de marques qu'il souhaite exploiter.

"On mesure les synergies trimestre par trimestre. Nous étions un peu en retard au début mais là, nous sommes au-dessus du plan. Tout se passe bien", a assuré Stéphane Richard.

Les spéculations sur Everything Everywhere interviennent dans une période agitée pour les télécoms européens qui doivent faire face à des échéances d'investissement importants, notamment pour l'amélioration de leur réseau, au moment où leurs marges de manoeuvre financières se réduisent.

La recomposition du paysage européen pourrait s'amorcer avec l'offensive lancée dans la région du milliardaire mexicain Carlos Slim, qui a jeté son dévolu sur l'autrichien Telekom Austria et le néerlandais KPN.

Stéphane Richard a pour sa part assuré que France Télécom et son partenaire allemand avaient les moyens de faire face à leurs besoins d'investissement au Royaume-Uni.

"Nous ne sommes pas aux abois financièrement", a-t-il dit, en soulignant que la JV, en elle-même, n'avait pas de dette.

Le PDG de France Télécom connaît bien Tom Alexander qui a par le passé occupé la direction d'Orange au Royaume-Uni avant de superviser le rapprochement des activités britanniques de France Télécom et de Deutsche Telekom.

"Je sais qu'il travaille avec des grands fonds de private equity. Qu'il ait germé dans son cerveau l'idée qu'entre ses nouveaux partenaires grands fonds et lui, ils pourraient travailler sur Everything Everywhere, cela ne m'étonne pas", a-t-il expliqué.

"Ce n'est pas pour cela qu'on va vendre la société demain à Tom Alexander", a-t-il ajouté.

Edité par Marc Angrand

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