France-Takieddine entendu après ses accusations contre Sarkozy

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    PARIS, 16 novembre (Reuters) - L'homme d'affaires Ziad 
Takieddine était entendu mercredi par des enquêteurs après ses 
accusations sur la remise d'argent libyen à Nicolas Sarkozy 
avant la présidentielle de 2007, a-t-on appris de source 
policière. 
   Il a été placé en garde à vue à Nanterre (Hauts-de-Seine), 
a-t-on précisé de même source. 
   L'ancien chef de l'Etat et son ancien directeur de campagne 
Claude Guéant ont démenti formellement les faits allégués par 
Ziad Takieddine et leurs avocats ont annoncé des poursuites en 
diffamation contre l'intermédiaire franco-libanais.   
   Dans un entretien filmé accordé au site d'informations 
Mediapart, diffusé mardi, Ziad Takieddine, mis en examen dans 
d'autres dossiers et témoin à la fiabilité contestée, a précisé 
que le montant total des remises d'argent s'élevait à 5 millions 
d'euros. 
    Il s'en est pris violemment à Nicolas Sarkozy aujourd'hui 
candidat à la primaire présidentielle de la droite pour 2017, 
dont le premier tour aura lieu dimanche prochain, auquel il 
reproche de vouloir briguer un nouveau mandat. 
    "Pourquoi et comment se fait-il qu'un type comme celui-là 
puisse prétendre encore une fois à la présidence de la 
République ? Le peuple français doit réagir, ça va exploser", 
dit-il dans l'entretien réalisé le 12 novembre. 
    Ziad Takieddine a déclaré avoir remis de l'argent à deux 
reprises en 2006 à Claude Guéant, lorsque ce dernier était 
directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur qu'était Nicolas 
Sarkozy, dans son bureau de la place Beauvau, puis une troisième 
fois, en janvier 2007, au candidat à la présidence en personne, 
dans l'appartement privé du ministre. 
     
    DEMENTI DE SARKOZY 
    "Nicolas Sarkozy oppose un démenti formel à ces nouvelles 
allégations", a déclaré son avocat, Me Thierry Herzog, dans un 
communiqué. "Des poursuites judiciaires seront donc engagées en 
réponse à cette manipulation grossière", a-t-il ajouté. 
    Une information judiciaire contre X a été ouverte le 19 
avril 2013 par le parquet de Paris sur un possible financement 
libyen de sa campagne en 2007. Elle porte sur les chefs de 
"corruption active et passive", "trafic d'influence, faux et 
usage de faux", "abus de biens sociaux", "blanchiment, 
complicité et recel de ces délits". 
    Ziad Takieddine avait déjà accusé Nicolas Sarkozy devant la 
justice ou la presse d'avoir bénéficié de largesses de Tripoli 
mais il n'avait jamais indiqué avoir lui-même livré de l'argent. 
    Contacté par Le Monde, il s'est défendu d'avoir servi 
d'intermédiaire au financement de la campagne, affirmant avoir 
agi dans le cadre d"'un accord de coopération étendue qui avait 
été scellé en 2006 entre le ministère français de l'intérieur et 
la Jamahiriya (le régime de Kadhafi). 
    Les faits allégués par Ziad Takieddine ont déjà été évoqués 
en 2012 par l'ancien chef des services de renseignement et 
beau-frère de feu le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Abdallah 
Senoussi, lors de son audition par le procureur général libyen à 
la demande de la Cour pénale internationale, selon Mediapart. 
    L'ancien dignitaire libyen y aurait affirmé avoir 
"personnellement supervisé le transfert" d'une somme de 5 
millions d'euros "pour la campagne du président français Nicolas 
Sarkozy en 2006-2007", écrit le site d'information. 
 
 (Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse) 
 
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