France-Suspense à son comble avant le 1er tour de la primaire

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    * Dernier débat avant le premier tour de la primaire 
    * Juppé, Sarkozy et Fillon se détachent 
    * Fillon jugé le plus convaincant 
    * Les scénarios restent ouverts 
 
    par Sophie Louet et Simon Carraud 
    PARIS, 18 novembre (Reuters) - Alain Juppé, Nicolas Sarkozy 
et François Fillon, qui se disputent désormais dans un mouchoir 
l'investiture présidentielle à droite, ont maintenu intact jeudi 
soir le suspense en reléguant leurs concurrents au second plan 
lors du dernier débat avant le premier tour de la primaire. 
    Pour cette ultime confrontation à sept, les trois favoris 
s'en sont tenus à une partition personnelle, se gardant de 
lancer les hostilités, et ont fait valoir leur expérience, 
notamment sur les dossiers internationaux (élection de Donald 
Trump, Syrie, lutte contre l'Etat islamique, Europe), face à des 
outsiders condamnés à se partager les places d'honneur. 
    A cet exercice, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est montrée la 
plus pugnace, visant clairement à ravir la quatrième place dans 
les sondages à un Bruno Le Maire de nouveau déstabilisé, moqué 
sur son aspiration au renouveau ("tu n'es pas un perdreau de 
l'année", lui a asséné François Fillon), et attaqué sur ses 
propositions de collège diversifié et de référendum européen. 
    Après un deuxième débat au parfum de règlement de comptes, 
où Nicolas Sarkozy avait été malmené par ses ex-ministres et 
soutiens, le troisième a été exempt d'invectives, à quelques 
piques près, entre l'ancien président d'une part, Nathalie 
Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé d'autre part. 
     
    FILLON SE REBIFFE 
    A tel point que l'ancienne ministre de l'Ecologie, qui a de 
nouveau taraudé Nicolas Sarkozy sur ses prises de position 
"climato-sceptiques", a qualifié de "duettistes" l'ancien 
président et le député-maire de Meaux. Ce dernier, plus en 
retrait jeudi soir, s'en est pris aussi à François Fillon, en 
première ligne depuis son embellie sondagière, en dénonçant de 
nouveau l'imposture présumée de son "programme de rupture". 
    "S'il faut se faire insulter pour avoir le droit de parler", 
a réagi Nathalie Kosciusko-Morizet alors que le député de Paris 
ripostait. "Dans ce cas-là, j'aurais souvent la parole", a 
ironisé un Nicolas Sarkozy moins crispé qu'à l'habitude. 
    Fatigue des candidats, tension à l'approche de l'heure de 
vérité? Les journalistes chargés d'orienter les échanges, non 
sans confusion, ont été pris à partie par les prétendants à 
l'investiture emmenés par François Fillon qui se sont rebellés à 
la fin de l'exercice en choisissant leurs thèmes de discussion. 
    "On n'est pas là pour s'interpeller", a lancé François 
Fillon, reprochant aux journalistes "une conception en termes de 
spectacle, pas en termes de fond". 
    Porté par une dynamique soudaine, l'ancien Premier ministre, 
dont la qualification pour le second tour est désormais jugée 
plausible par les instituts de sondage  , a marqué 
des points à cette occasion, épousant en tacticien le registre 
de l'autorité. 
    Interrogé sur les allégations de l'homme d'affaires 
franco-libanais Ziad Takieddine relatives à un financement 
libyen de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a crié en outre à 
la l'"indignité" et à "la honte" à l'adresse du journaliste qui 
l'interpellait.   
     
    "NOUVEAU DÉPART" 
    Dans ce semblant de désordre, Alain Juppé, plus en verve que 
précédemment, et Nicolas Sarkozy, sourire goguenard inamovible, 
se sont brièvement affrontés, moment rare, sur le thème de 
l'immigration et de l'"identité heureuse", le maire de Bordeaux 
reprochant à l'ancien président d'aborder le sujet "par le petit 
bout de la lorgnette" en privilégiant l'encadrement du 
regroupement familial. 
    Plus offensif, le maire de Bordeaux, qui recule dans les 
intentions de vote au profit de François Fillon selon les 
sondeurs, a renouvelé ses attaques contre le projet "pas 
crédible" de suppressions de postes du député de Paris dans la 
fonction publique (500.000 sur cinq ans) alors que lui propose 
de supprimer 200.000 à 300.000 postes. 
    Accusé par ses deux principaux rivaux de préfigurer une 
"alternance molle" et de prôner un programme d'"une extrême 
prudence", l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a promis 
en conclusion des "réformes radicales" pour réconcilier "la 
France qui est en forme" et "celle qui peine". 
    Nicolas Sarkozy, qui a de nouveau joué de son statut 
d'ancien chef de l'Etat, s'est posé en pacificateur d'une 
"famille" de droite "dévastée" et marqué sa détermination à 
"incarner" le "nouveau départ" de la France en 2017. 
    Fermant le tiercé, François Fillon a exhorté les électeurs à 
"contredire les sondages et les médias qui avaient tout arrangé 
à votre place". "Ne faites pas de calculs, ne choisissez pas de 
voter pour un candidat pour en éliminer un autre. Choisissez de 
voter pour vos convictions", a-t-il lancé. 
 
 
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  • janaliz le vendredi 18 nov 2016 à 00:46

    Arriba François Fillon !