France-Sursis requis contre Guéant pour les primes en liquide

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PARIS, 7 octobre (Reuters) - Le Parquet national financier (PNF) a requis mercredi trente mois de prison avec sursis à l'encontre de Claude Guéant dans l'affaire des primes en liquide perçues au ministère de l'Intérieur de 2002 à 2004. Il a également demandé sa condamnation à 75.000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction de droits civils et civiques. L'ex-ministre de l'Intérieur, qui était alors directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, est poursuivi pour complicité et recel de détournement de fonds publics. Il encourt jusqu'à dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. "Dans cette affaire, Claude Guéant a le rôle premier, le rôle moteur", a estimé mercredi le procureur Patrice Amar. Claude Guéant, 70 ans, est soupçonné d'avoir "ordonné" à Michel Gaudin, ancien directeur général de la police nationale, de lui remettre 210.000 euros provenant des frais d'enquête et de surveillance (FES) du ministère de l'Intérieur, "à des seules fins d'enrichissement personnel". L'ancien ministre, qui reconnaît avoir puisé dans les FES pour remettre des primes en liquide à lui-même et certains membres de son cabinet, conteste l'illégalité de cette pratique. Jeudi dernier, il a expliqué devant le tribunal correctionnel de Paris avoir eu recours aux FES en raison de l'insuffisance de la dotation accordée pour ces primes par Matignon. ID:nL5N11Y3A8 "Je persiste à penser (...) que ce qui a été fait n'a rien d'irrégulier", a-t-il répété mercredi à la barre. "Mais si c'était à refaire, je ne le referais certainement pas, compte tenu des ennuis" qui ont suivi, a-t-il ajouté. Le parquet a par ailleurs requis la condamnation de Michel Gaudin, poursuivi pour détournement de fonds publics, à dix mois de prison avec sursis. Il risque la même peine que Claude Guéant. Durant le procès, ce dernier a pris ses distances avec la pratique des primes en liquide, disant avoir ignoré la finalité des sommes qu'il remettait alors à son supérieur hiérarchique. Mais pour le procureur, Michel Gaudin était "forcément conscient de l'illégalité" de ce qu'on lui demandait. "Il lui suffisait de dire 'je préférerais ne pas'", a estimé Patrice Amar, fustigeant sa "culpabilité par faiblesse". (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • M4958114 le mercredi 7 oct 2015 à 11:41

    enfin de bonnes nouvelles aux prochaines concernent l'ancien gouvernent !!